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Un pompier a aperçu le train fantôme juste avant le déraillement

Le pompier Jean-Luc Montminy a aperçu le train de pétrole brut filer à toute allure en direction de Lac-Mégantic alors qu'il venait de quitter la caserne de Nantes. Ce dernier a pris part à l'intervention pour éteindre feu à la locomotive de tête du convoi immobilisé sur la voie principale à Nantes, vers 23 h 30 le soir du 5 juillet 2013.

Un texte de Marie-Hélène Rousseau

Jean-Luc Montminy a raconté à la Cour, jeudi matin, qu’il rentrait chez lui lorsqu’il a vu un passage à niveau avec les « feux rouges allumés ». « J’immobilise mon véhicule, par la suite je me pose des questions parce que je n’entends pas de sifflet, pas de moteur. Je m’avance encore un peu pour avoir une belle visibilité. Je ne vois rien alors je me dis que c’est une erreur avec les feux. Je me décide à traverser la voie. Au même moment, le train apparaît devant mon véhicule », a-t-il affirmé.

Le pompier a constaté que le train circulait très rapidement. « Je présume que c’est le même train que sur lequel on est intervenu. »

Jean-Luc Montminy a donc décidé de retourner à la caserne de Nantes pour avertir ses collègues encore présents. « Il restait quatre ou cinq personnes. Je leur ai expliqué qu’il y avait un problème avec le train sur lequel on est intervenu et que selon moi, il descend seul vers Lac-Mégantic. »

Peu avant 1 h 30, cette nuit-là, les pompiers de Nantes ont reçu un appel. « On nous a demandé pour un feu à Lac-Mégantic. Je suis remonté dans ma voiture et me suis dirigé vers Lac-Mégantic », a-t-il déclaré

La scène d’incendie de Nantes scrutée à la loupe

La scène d’incendie de la locomotive 5017, survenu à Nantes, attire toujours toute l’attention en cette 21e journée du procès de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie accusés de négligence criminelle relativement à la tragédie de Lac-Mégantic.

Jusqu’à présent, quatre pompiers ont été appelés à la barre. Ces derniers sont montés à bord de la locomotive de tête du convoi impliqué dans la tragédie ferroviaire. Les pompiers ont notamment éteint des interrupteurs pour couper toute source d’électricité. Ils assurent n’avoir touché à rien d’autre.

Jeudi avant-midi, le pompier Ghislain Rancourt a raconté avoir lui-même appuyé sur un bouton d’urgence situé à l’extérieur de la locomotive. « Peu longtemps après avoir appuyé, la locomotive s’est arrêtée. Le feu s’est arrêté aussi par la suite. J’ai fait la vérification pour être sûr qu’il ne restait plus de foyers d’incendie », a-t-il expliqué.

M. Rancourt a aussi affirmé que, lors de l’intervention, aucune information ne lui a été donnée sur les matières dangereuses que contenaient les wagons. Il n’avait pas reçu de formation spécifique sur les interventions impliquant des trains non plus.

Le pompier Jean-Luc Montminy poursuit son témoignage en après-midi.

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