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Un premier cas de surdose de carfentanil sur le territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Le carfentanil a fait une première victime sur le territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, selon la Direction de la santé publique. On recense également quelques cas d'intoxication.

Le décès d'Austin Rutledge, un résident de Cowansville, fait l'objet d'une enquête et serait lié à une intoxication au carfentanil, un sédatif 10 000 fois plus puissant que la morphine et 100 fois plus puissant que le fentanyl. Le carfentanil était autrefois utilisé pour les gros animaux comme les éléphants.

Selon la police, il suffit de 20 microgrammes, soit moins d’un grain de sel, pour tuer un humain. La drogue est moins chère et plus facile à obtenir que d’autres stupéfiants.

Une enquête épidémiologique a également été déclenchée par la Direction de la santé publique mercredi. Les autorités appellent donc les premiers répondants, les ambulanciers, les infirmières et les médecins à la vigilance : s'ils sont en contact avec un cas de surdose, ils doivent en aviser la santé publique. « S'ils sont témoins de plusieurs cas en peu de temps, ils doivent nous appeler immédiatement. Ainsi, on pourra réussir à identifier le lot problématique en question et intervenir avec la Sûreté du Québec », explique la directrice de la santé publique en Estrie, la Dre Mélissa Généreux.

« Un grain de sel peut vous tuer! »

« C'est tellement peu fréquent et c'est pour ça que c'est sous enquête. La Sûreté du Québec et le coroner sont aussi impliqués pour voir ce qui s'est passé dans cette histoire. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu certaines saisies de carfentanil au Québec. Mais en termes d'utilisation, pour quelles raisons les gens le prennent, on ne le sait pas. Ce serait surprenant que les gens le prennent en pleine conscience. Un grain de sel peut vous tuer! J'essaie de voir où est le fun là-dedans, et je ne trouve pas », se demande-t-elle.

Même si la situation n'est pas encore jugée catastrophique, la Direction de la santé publique prend le tout en main et pare à toute éventualité. Une rencontre est d'ailleurs organisée le 9 février avec tous les intervenants de première ligne à ce sujet. « On était préparé. Nous ne sommes pas la première région à être touchée. Les régions plus urbaines ont été touchées avant nous. On a beaucoup appris de leur expérience. Ce qui est particulier ici, c'est que le décès est lié à la consommation de carfentanil. Dans la province, les décès liés au carfentanil se comptent sur les doigts d'une main », soutient la Dre Mélissa Généreux.

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