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Un prêt de 6 M$ aux Jeux équestres mondiaux de Bromont soulève des questions

L'organisation des Jeux équestres mondiaux à Bromont en 2018 a obtenu une garantie de prêt de 6 millions de dollars de la part d'Investissement Québec (IQ), soit trois fois le montant autorisé pour des événements ponctuels. 

La révélation, tirée du rapport de la vérificatrice générale, a rebondi jusqu'à l'Assemblée nationale, vendredi matin, et surpris le comité organisateur des Jeux. 

Le gouvernement, qui n'avait pas les moyens pour offrir la subvention aux Jeux équestres mondiaux, a eu recours aux capitaux d'IQ pour obtenir la garantie de prêt de 6 millions de dollars demandée à l'époque par le comité organisateur des Jeux équestres (COJEM).

Selon la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, une « telle forme d'intervention ne correspond pas à ce que réalise habituellement Investissement Québec à même ses capitaux propres ». Le maximum autorisé, pour un tel événement, est de deux millions de dollars. 

Elle évoque également le « grave inconfort » du conseil d'administration d'IQ à la suite de cette intervention du gouvernement. 

L'opposition cherche une réponse

Le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, a questionné vendredi matin la ministre de l'Économie, Dominique Anglade.

Selon lui, « le rôle d'Investissement Québec est de faire des placements, pas de financer des événements ponctuels ».

La ministre Anglade, qui n'était pas au courant du dossier, a répondu qu'il y avait dix recommandations qui avaient été formulées par la vérificatrice. « Le PDG actuel d'Investissement Québec a identifié et posé un diagnostic clair entre les fonds propres et les fonds de développement économique », a-t-elle répliqué. 

L'opposition toujours en colère 

La réponse n'a toutefois pas satisfait le député de Sanguinet. En entrevue à Écoutez l'Estrie, il a souligné que « si le gouvernement avait voulu jouer franc-jeu, il serait passé par un décret et il aurait utilisé les fonds du gouvernement comme tels ». 

Il ajoute que quatre des six membres du COJEM ont donné 100 $ au député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis. Est-ce que cette contribution pourrait expliquer la garantie de prêt obtenue?

« Il faut être clair. Nous, on regarde une situation qui est anormale. On essaie de trouver des explications à cette situation-là qui est anormale. On essaie de trouver des éléments de réponse », s'est-il avancé. 

Le comité organisateur surpris

Ce rapport de la vérificatrice générale n'est pas le premier obstacle que rencontre le comité organisateur des Jeux. En avril dernier, le président-directeur général de l'organisation, Luc Fournier, le président du conseil d'administration, François Duffar, et deux autres membres du C. A. ont claqué la porte.

Le directeur par intérim, Rosaire Houle, soutient que le comité n'a fait aucune faute dans la gestion de ce dossier. 

« Ce que je sais, c'est que je suis le seul membre québécois sur le conseil d'administration à la suite des démissions qui ont eu lieu à la fin du mois d'avril, et oui, j'ai donné 100 $ quand j'ai participé à une fête pour M. Paradis, ici à Bromont », a-t-il poursuivi. 

Il admet avoir fait un don de 100 $ lors d'une fête pour le député Paradis, mais il soutient que ce don n'a pu influencer IQ. Son don a eu lieu en octobre 2015, alors que la transaction d'IQ remonte à mars 2015. 

Par ailleurs, le directeur intérimaire ne croit pas que le rapport de la vérificatrice générale ralentira les tentatives du comité auprès du fédéral. Il souligne qu'une rencontre aura lieu mercredi prochain avec des députés fédéraux du Québec, sous le patronage de M. Paradis. Le dossier « chemine bien », assure-t-il. 


Le budget total des Jeux est évalué à 100 millions de dollars. Québec subventionne l'événement à hauteur de 8,7 millions de dollars et le même montant est demandé au fédéral.

 

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