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Un record de classes d’accueil à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) n’a jamais accueilli autant de jeunes immigrants sur ses bancs d’école. Une septième classe d'accueil vient tout juste d'être créée à l'école la Montée - Pavillon Le Ber. On en compte maintenant un total de 28 à Sherbrooke pour l'année scolaire 2017-2018. Radio-Canada Estrie a eu accès aux premiers jours d'école des ces nouveaux arrivants pour qui, cette rentrée en plein hiver, revêt un caractère bien particulier.

Un reportage de Marie Eve Lacas

L’aventure a commencé le lundi 19 mars pour 11 jeunes Afghans et Colombiens. Fébriles, ils ont déposé leur manteau dans leur casier, pris de longues minutes pour venir à bout de la combinaison de leur cadenas et fait un grand sourire à la caméra pour leur carte d’identité.

Leur enseignante, Isabelle Jolicoeur, les a accueillis avec le même sourire. Celle qui enseigne habituellement le français au secondaire a accepté de relever le défi à quelques jours de cette rentrée hors du commun.

Elle se lance dans l’aventure avec beaucoup de plaisir. « Pour moi, c’est un tout nouveau défi. Partir de zéro. Certains parlent anglais donc ils connaissent l’alphabet, mais il y en a qui ne parlent que dari, qui ne connaissent pas du tout A, B, C, D, E ».

Isabelle Jolicoeur peut compter sur l’aide de ses collègues. La direction de l’école de la Montée se donne comme mission de trouver la combinaison parfaite pour permettre à ces jeunes de bien s’intégrer à leur nouvel univers.

Le directeur adjoint, Jean-François Gagné, a participé à la journée d’accueil du vendredi, où les familles étaient conviées à une visite de l’école. « C’est stressant pour les élèves, mais aussi pour les parents. C’est pour ça qu’on prend le temps de les rencontrer, de répondre à leurs questions », explique-t-il. Le directeur ajoute que toute son équipe réalise l’importance que revêt cette journée pour les parents.

Du dari au français

Pour Lima, Sara et Mesra, trois sœurs originaires de l’Afghanistan, c’est une nouvelle page de leur vie qui s’écrit. L’aînée de 14 ans a trouvé difficile de quitter ses amis, mais la perspective de reprendre son parcours scolaire à l’école de la Montée vient adoucir sa peine, explique-t-elle. Pour ses parents, c’est aussi l’espoir d’un avenir meilleur.

Une rentrée atypique

L’apprentissage du français est sans contredit la priorité pour les quelques mois de l’année scolaire qui restent à faire. Au total, 24 périodes sur un cycle de 9 jours sont à l’horaire. C’est presque trois fois plus d’heures que les élèves en enseignement régulier. « Le maximum d’exposition qu’ils vont avoir à la langue française, plus rapidement, on le souhaite, ils vont l’apprendre », soutient Jean-François Gagné.

Isabelle Jolicoeur prévoit une immersion au-delà des règles de grammaire et de l’orthographe. « Je vais essayer, même si c’est peut-être tôt, d’y aller avec des chansons, des extraits de téléséries québécoises », explique-t-elle. « Je pense que ce n’est pas leur entrée dans le milieu scolaire qui se produit, je pense aussi que c’est aussi une entrée culturelle. »

Une rentrée qui commence bien, selon l'enseignante d’expérience. Elle a prévu quelques pictogrammes en début de semaine pour appuyer ses directives, mais elle est certaine de nouer bientôt un dialogue.

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