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Un réinvestissement pour mettre fin à la violence, réclament les employés du CHUS 

Des dizaines d'employés du réseau de la santé ont manifesté bruyamment devant l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke vendredi midi pour dénoncer les violences physiques et verbales qu'ils subissent au quotidien dans le cadre de leur travail.

Les manifestants ont interpellé le ministre de la Santé Gaétan Barrette afin d'obtenir un réinvestissement dans leur secteur. L'argent servirait à acheter de l'équipement et à embaucher du personnel afin d'assurer la sécurité des employés qui doivent s'occuper d'une clientèle parfois violente, intoxiquée ou souffrant de troubles mentaux.

« Dans tous les secteurs, il y a parfois des menaces de mort et des agressions. On nous dit de ne pas dénoncer, de ne pas faire de plaintes policières si on est victime de menaces de mort ou de violences physiques. C'est la loi de l'omerta. Il est temps d'investir dans la prévention et de mettre fin à ces situations-là », a fait valoir la vice-présidente de la FSSS-CSN, Mélissa Gaouette.

Selon elle, les récentes compressions budgétaires dans le domaine de la santé ont eu des effets directs sur les services à la population, mais aussi sur les conditions de travail des intervenants. 

« La violence que nos membres subissent ici à l'Hôtel-Dieu, mais partout au Québec, j'en ai assez, ça n'a pas d'allure. On n'a pas d'équipement, ils font des coupures avec nos préposés aux bénéficiaires, des coupures avec nos surveillants en établissements, et nos agents d'intervention sont à bout de souffle », s'indigne le secrétaire général du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CHUS - CSN, Marc-Antoine Fontaine

Depuis peu, les interventions de l'équipe de sécurité pour maîtriser des patients en crise à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont recensées. En août, les agents ont dû intervenir physiquement à 143 reprises, des situations potentiellement à risque pour les employés.

La direction en quête de solutions

La direction affirme être bien au fait des situations risquées que vivent ses employés. Elle leur demande de déclarer chacune des situations jugées dangereuses afin qu'elle soit en mesure d'établir l'ampleur du phénomène pour, par la suite, introduire des solutions adaptées.

« On veut une bonne vision, une bonne réflexion pour régler cette situation. Il y a des éléments au niveau de la formation et des politiques à regarder. Il y a des équipes en place, des agents de sécurité, mais on veut aller plus loin encore », assure le coordonnateur des Services de proximité en santé mentale et en dépendance au CIUSS de l'Estrie - CHUS, Richard Vaillancourt

La direction a aussi noté les demandes des employés en matière d'équipement. Ceux-ci réclament, entre autres, des masques anticrachat, des gants en kevlar et des détecteurs de métal. 

« On a une clientèle en perte cognitive ou en service de santé mentale, il faut prendre conscience de la réaction que peut susciter tel ou tel équipement. Il faut y réfléchir comme il le faut pour que ce soit adapté pour notre clientèle et nos employés », explique Richard Vaillancourt.

Déjà, il souligne que les quarts de travail ont été ajustés pour assurer une meilleure sécurité et une plus grande présence lors de moments plus critiques. La direction assure aussi qu'aucune réduction de personnel n'a été faite dans le secteur de la santé mentale ou des dépendances au cours des dernières années.

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