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Un résident du pavillon Argyll perd la vie après une altercation

Un résident du centre d'hébergement Argyll, à Sherbrooke, a perdu la vie lundi vers 22 h après avoir été impliqué dans une altercation avec un autre résident.

Le décès de l'homme de 74 ans a été constaté sur place. Les agents du Service de police de Sherbrooke (SPS) se sont rendus sur les lieux le lendemain du drame, après  avoir été mis au courant de l'affaire, vers 10 h.

L'autre individu impliqué dans l'altercation, un homme de 72 ans, devait être interrogé par les policiers. La cause exacte du décès du résident doit être déterminée par le bureau du coroner et un médecin pathologiste. 

Un trop long délai 

L'avocat spécialisé en droit médical, Jean-Pierre Ménard, trouve déplorable que les policiers aient seulement été avisés le lendemain des événements. 

Lorsqu'une telle situation survient, c'est aux policiers de sécuriser la scène du drame, d'autant plus que les éléments trouvés sur place peuvent servir à l'enquête, soutient-il.

Par voie de communiqué, le SPS a confirmé en après-midi vouloir attendre les résultats du coroner avant d'émettre d'autres commentaires. Aucune hypothèse n'est écartée pour l'instant.

Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS soutient de son côté que sa priorité est d'offrir du soutien au personnel, aux résidents et aux familles concernées. La direction tiendra un point de presse mercredi. 

Pas un cas isolé 

Me Ménard souligne que l'événement, bien que malheureux, n'est pas un cas isolé. « D'abord, il y a un problème de pairage. On va mettre ensemble des résidents qui n'ont pas les mêmes comportements, dont un va parfois avoir des troubles de comportement violent. Ça, c'est la première difficulté », explique-t-il. 

La deuxième difficulté est liée à la surveillance.

« Il faut avoir assez de personnel, il faut avoir des protocoles, des procédures » selon le degré de risque de l'usage, note-t-il. « Et quand il devient prévisible qu'un résident va agresser d'autres résidents, il faut penser à ce moment-là à le transférer dans un autre milieu ». 

Dans son rapport publié la semaine dernière, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, fait d'ailleurs état du problème de la violence dans les CHSLD. 

« Certains établissements considèrent comme inévitables les altercations entre résidents et les banalisent. Il va de soi que le protecteur du citoyen ne saurait cautionner pareil raisonnement », note-t-elle dans son rapport. 

Elle mentionne que le ministère de la Santé mène différents travaux pour réviser notamment sa gestion des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence, mais fait remarquer que « les résultats concrets » se font attendre. 

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