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Un test pour prévenir des complications fatales de la chimiothérapie disponible partout au Québec

Un test génétique pour éviter de graves complications dans l'administration de certains types de chimiothérapie est maintenant disponible à la grandeur du Québec.

Les porteurs d'un gène bien précis peuvent voir leur état empirer, et même risquer la mort, s'ils reçoivent un traitement à base de fluoropyrimidines, utilisé contre les cancers du système digestif, du sein, de la tête ou du cou. Le test permet de détecter si le patient possède le gène en question.

Environ 5 % à 10 % des patients atteints de cancer et traités avec des fluoropyrimidines sont susceptibles d’avoir des réactions d'intoxication aigües.

S'il est disponible pour tous les hôpitaux, il n'est toutefois pas obligatoire. Le ministère de la Santé explique que la décision d'effectuer ce type de dépistage est entre les mains du médecin traitant.

Le CHUS soutient que ce dépistage est fait de façon systématique, tout comme le CHUM, qui a reçu le mandat d'analyser tous les tests effectués dans les hôpitaux de la province. Toutefois, le CHUM souligne que même les grandes associations médicales d'hémato-oncologie n'ont pas encore publié de recommandations à ce propos.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait toutefois souligné au printemps dernier qu'il analysait la possibilité d'exiger un dépistage systématique à la grandeur du Québec, à la suite des recommandations d'un rapport de l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS).

Une bataille acharnée en mémoire d'une victime de la chimiothérapie

La Sherbrookoise Colette Bibeau, dont le mari Paul Allard est décédé en 2011, s'acharne depuis des années pour que ce test devienne obligatoire. Paul Allard avait reçu un diagnostic de cancer du colon de stade deux. Une fois la tumeur retirée, son médecin lui a proposé de faire une chimiothérapie par voie orale pour diminuer les risques de récidives. Il est mort à 69 ans après avoir reçu des comprimés 5-FU ou Xeloda utilisés dans le cadre d'une chimiothérapie préventive.

« Ça l'a brûlé au complet. Son corps s'est complètement désagrégé. Ça a détruit sa moelle osseuse », avait raconté sa veuve.

Selon le ministre Barrette, le fait de rendre ce test disponible partout permettra d'éviter qu'un tel drame ne se reproduise. « Ça devient donc une question de sécurité. L'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux nous a donné une opinion favorable pour le déploiement de ce test. Ce que nous faisons maintenant pour tout le monde au Québec qui recevra le type de médicament en question », a indiqué le ministre de la Santé, Gaétan Barette.

Colette Bibeau se dit soulagée de la décision de Québec, mais reste toujours sceptique sur la mise en place systématique de ce test.

« C'est une victoire, parce que le ministre s'est engagé, mais est-ce que ça va se faire?, demande-t-elle. Les premières fois où les oncologues ont été avisés de la toxicité de cette molécule-là qu'on ajoute à certaines chimiothérapies, c'est en 1999. On est rendu en 2017. C'est connu depuis très longtemps. »

Le rapport de l'INESSS a été transmis le 20 décembre 2016 au ministère. Colette Bibeau se demande pourquoi il a alors tardé à rendre ce test disponible à la grandeur de la province. Elle soutient que la situation est d'autant plus importante que seulement pour les patients atteints d'un cancer colorectal, 80 % d'entre eux sont susceptibles de recevoir la chimiothérapie visée.

« Il faut faire en sorte que les médecins soient avisés, mais cela va prendre combien de temps? »

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