Retour

Un verdict qui « ne change rien » à Lac-Mégantic, selon les résidents

La fin du procès de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie signifie seulement le début d'un nouveau chapitre pour les résidents de Lac-Mégantic, qui exigent plus que jamais une voie de contournement.

Un texte de Charles Beaudoin

Les trois anciens employés de la Montreal, Maine & Atlantic ont été acquittés vendredi par un jury de 12 personnes après un procès de plusieurs mois.

« On comprend que ce sont des erreurs humaines qui sont arrivées et qu'aujourd'hui, ça pourrait encore arriver... le train continue de passer », a déclaré la mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin.

Le système en cause

Émus, plusieurs résidents de Lac-Mégantic trouvaient injuste de faire reposer le poids de la tragédie sur les trois accusés. Jean Clusiault, le père de Kathy, l'une des victimes de la tragédie, a affirmé qu'il s'agissait des « seuls et uniques verdicts possibles ».

« C’est équitable pour tout le monde. Depuis le début du procès, j'ai toujours dit que ce ne sont pas les bonnes personnes qui sont au banc des accusés », a-t-il mentionné.

« Je suis venu les yeux pleins d’eau. J’ai vécu une grande émotion, parce que je savais l’enfer que ces employés vivaient », a souligné quant à lui Yvon Rosa, l'un des survivants du Musi-Café. « Un enfer qui a handicapé leurs vies pour ne pas être responsable plus que ça de ce qui s’est produit. »

« Ce qui a mené à la tragédie de Lac-Mégantic, c'est vraiment un problème de perte de vigilance systémique qui part de Transports Canada et toute la déréglementation de l'industrie ferroviaire au pays qui a débuté dans les années 80 », fait valoir la mairesse Julie Morin.

L'ancien curé de Lac-Mégantic Steve Lemay estime que la condamnation de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie aurait créé une « fausse illusion ».

« De condamner trois hommes, c'était de créer l'illusion que le dossier était clos. D'un point de vue humain, je trouvais difficile de faire peser le poids de cette tragédie sur trois personnes », résume-t-il.

« Il y a quelque chose qui ne va pas »

Raymond Lafontaine, qui a perdu quatre proches dans la tragédie, soit son fils, deux belles-filles et une employée, s'est toutefois montré amer envers la décision du jury.

« Quand j’ai entendu ces verdicts-là, les bras me sont tombés. Ça ne se peut pas », a déclaré d'emblée M. Lafontaine.

« Il y a quelque chose qui ne va pas. Ça ne se peut pas que trois personnes qui avaient la vie des gens en jeu aient laissé partir un train, aient pris la décision de dire au chauffeur d’aller se coucher, que ce n'était pas grave, et qu’on tombe avec un blanchiment complet », déplore-t-il.

Plus d'articles