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Une école de Sherbrooke fait un pied de nez à l'iPad avec ses petits tableaux blancs effaçables

Toutes les classes de l'école des Quatre-Vents de Sherbrooke utilisent, depuis le début de l'année scolaire, des tableaux blancs effaçables individuels. Elle est la première école à implanter cet outil d'apprentissage au Québec. 

Un texte de Geneviève Proulx

Après quelques semaines d'utilisation, tous les enseignants de cette école, située dans le quartier ouest de la ville, sont unanimes : ces tableaux aident grandement non seulement à l'apprentissage, mais également à la motivation des élèves. 

« Le papier, c'est beaucoup de manipulation, de photocopies, ça se perd, Il se retrouve dans le recyclage, dans un duo-tang qu'on n'ouvre pas. Il ne me permet pas d'avoir un coup d'oeil rapide. Je serais obligée d'ouvrir tous les duo-tangs des élèves pour voir ce qu'ils ont écrit. Avec le tableau, je le vois tout de suite si tout le monde a compris », explique l'enseignante de première année à l'école des Quatre-Vents de Sherbrooke, Laurie Langlois. 

De l'apprentissage de l'écriture jusqu'aux multiplications en passant par les mots de vocabulaire, tous les enfants de l'école utilisent leur petit tableau blanc. « Ça m'aide à retenir mes réponses, mes mots quand je les écris. C'est plus facile », soutient l'une des utilisatrices, Katharyna Bisson, une élève de cinquième année. 

Pour certains, l'apprentissage des mathématiques peut être très long et ennuyant. Pourtant, dans la classe d'Andréa Zeleznik, en troisième année, tous ont un grand plaisir à travailler les additions avec un terme manquant, notion apprise au cours des derniers jours. « Dites-moi, quel est le terme manquant dans X + 5 = 10 », leur dit-elle. En moins de deux, les petites mains avec la réponse inscrite sur leur tableau se lèvent. Plusieurs rigolent et sont fiers d'avoir eu la réponse si rapidement.

Idée française

L'idée vient de France où Valérie Trottier, une enseignante, a fait un stage en 2007. Depuis, elle travaille à implanter son projet dans la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke. « En France, tous les élèves ont une ardoise. C'est même dans la liste des effets scolaires. Le plus gros point positif, c'est la motivation. Je n'ai jamais vu de problème de comportement ou d'élèves pas intéressés lorsqu'ils ont leur tableau dans les mains. »

C'est finalement l'école des Quatre-Vents qui a embarqué dans le projet. Dans cette école, qui a une cote de 10 dans l'indice de défavorisation du ministère de l'Éducation, l'utilisation de l'iPad est impensable.

L'enseignante espère maintenant convaincre d'autres écoles d'adopter cet outil pédagogique. « On voit déjà les impacts dans l'apprentissage des mots de vocabulaire, par exemple. Ça va beaucoup plus vite! », ajoute-t-elle.

Au total, l'achat des tableaux effaçables a coûté 3000 $. Le Club Rotary et la pharmacie Uniprix ont financé le projet. 

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