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Une femme de Sherbrooke évacuée de Fort McMurray : « C'est le chaos! »

Camille Bégin, une Sherbrookoise d'origine, est l'une des nombreuses personnes tentant d'évacuer Fort McMurray, en Alberta, en raison du feu de forêt qui fait rage.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

Les flammes ont pris une telle ampleur que les résidents de plusieurs quartiers, dont le sien, Thickwood, ont été sommés de quitter la ville pour se diriger vers le nord. Autour d'elle, c'est le chaos.

« Cela fait environ une heure qu'on a quitté la maison », et on n'a pas bougé de 500 mètres, confiait-elle vers 19 h, heure du Québec, mardi. « Il n'y a qu'une seule route pour sortir de la ville. C'est une file d'autos. »

Partout, dans le ciel, elle voit des avions-citernes et des hélicoptères qui tentent d'éteindre les flammes. Des policiers quadrillent les rues pour aider à l'évacuation. Les gens, explique-t-elle, prennent leurs biens les plus précieux sans savoir quand ils pourront revenir.

« Déjà, certaines maisons sont en feu. Un poste d'essence a pris feu, il y a eu une explosion », raconte-t-elle. « La route vers le sud est fermée. On ne peut qu'aller vers le nord. »

Elle et son amoureux ont pris quelques biens, des vêtements, et le nécessaire pour dormir dans la voiture, car elle ne sait pas où ils seront logés, une fois en dehors de la ville. Ils ont du matériel de camping, de la nourriture, mais ceux qui n'ont pas été aussi prévoyants se retrouvent dans une situation précaire. Elle ignore totalement où tout ce monde sera logé, comment ils seront nourris. 

« Tout le monde s'en va à la même place. Il n'y a pas de place pour tout le monde », souligne-t-elle. 

Un calme relatif

Malgré la peur, souligne Mme Bégin, les gens restent relativement calmes et elle voit beaucoup d'entraide autour d'elle.

« Ça remonte le moral. C'est même beau à voir. Les gens qui s'entraident, qui se parlent dans la rue. [...] Nous, on a pris les oiseaux de notre voisin dans notre auto parce qu'il n'avait pas suffisamment de place pour tous ses animaux. »

Elle voit malgré tout certaines gens paniquer. Des gens qui tentaient d'évacuer, en début de journée, brûlaient des feux de circulation et des arrêts pour quitter la ville au plus vite.

Une situation qui s'est détériorée rapidement

Rien ne laissait présager ce matin que les résidents de Fort McMurray devraient évacuer leur demeure, à peine quelques heures plus tard. Depuis deux jours, la situation était inquiétante, mais non critique, explique-t-elle. Elle pouvait apercevoir de la fumée et surveillait la situation, espérant simplement que le vent allait tourner en leur faveur.

Mme Bégin a toutefois appris vers 15 h (heure locale), par la radio locale, qu'elle devait absolument évacuer sa résidence. Elle s'en doutait depuis un moment, car depuis son balcon, elle pouvait voir les flammes qui se rapprochaient de sa demeure. Elle affirme même que l'incendie est maintenant si près qu'elle peut sentir sa chaleur sur sa peau.

« D'entendre à la radio : "Faites vos valises, prenez le nécessaire et vous devez quitter la maison, tout laisser derrière vous", parce que vous ne savez pas quand vous allez pouvoir revenir, c'est assez épeurant. »

Le stress est loin d'être terminé pour elle. Elle est inquiète de perdre son domicile, ses biens. Mais au-delà du matériel, elle craint également pour son amoureux, pompier, qui pourrait être appelé en renfort pour combattre le brasier.

« En plus du feu, s'il doit y aller, il y a aussi le stress [d'être séparé]. » 

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