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Une maison d'édition sherbrookoise publie une version illustrée de Comme un roman de Daniel Pennac

La maison d'édition sherbrookoise D'Eux réédite Comme un roman de Daniel Pennac ainsi que L'histoire d'Erika de Ruth Vander Zee. Les deux nouveautés trouvent place sur les tablettes des libraires depuis quelques jours.

« Quand Daniel Pennac avait sorti ce livre, il y a 25 ans, ça avait fait tout un tabac dans les médias parce qu'il remettait en question la place des livres dans les écoles [...]. Il traitait tout ça d'une façon magnifique d'un amoureux des livres qui se questionne : si moi j'aime autant les livres, comment ça se fait que j'ai devant moi des élèves qui n'aiment pas les livres? Qu'est-ce qui s'est passé? Est-ce les livres ou les conditions dans lesquelles on enseigne la lecture qui est responsable? C'est beau à lire. C'est un essai qui se lit comme un roman. », se rappelle l'éditeur, Yves Nadon.

Ce dernier soutient que le débat demeure 25 ans après la parution de l'ouvrage de M. Pennac. « Ça n'a pas été jusqu'aux structures. Ça a changé certains enseignants, mais pas la structure. »

En 2006, une maison d'édition britannique a réédité Comme un roman en l'accompagnant de dessins. « Je me suis toujours demandé pourquoi Gallimard ne le faisait pas. C'est une belle édition, les dessins sont magnifiques. Finalement, l'automne dernier, Daniel Pennac m'a dit que Gallimard ne le ferait pas, parce que la maison d'édition ne croyait pas aux dessins dans un livre pour adultes. »

Yves Nadon a saisi la balle au bond et a négocié avec la maison d'édition française pour publier une version illustrée. « Ils ont accepté de nous céder les droits pour l'Amérique du Nord. Je trouve que c'est encore très actuel. Je viens de le lire cinq fois de suite pour des raisons de correction. Il n'a pas vieilli d'une miette. »

Autre nouvelle parution à la maison d'édition sherbrookoise, celle d'un livre paru en 2003, L'histoire d'Erika. La jeune héroïne est une survivante de la Shoah, née en 1944. Dans l'histoire, elle s'interroge sur la vie de ses parents habitant dans le ghetto.

« C'est l'histoire vraie d'une dame qui raconte comment, quand elle était bébé, ses parents, qui étaient dans le train qui s'en allait vers Auschwitz, ont profité d'un arrêt et d'un trou dans le wagon pour la lancer à un couple qui était sur le bord de la voie ferrée. C'est bien écrit, c'est touchant, c'est direct. C'est un beau texte avec de magnifiques illustrations de Roberto Innocenti, mais ce n'est pas un texte facile à lire, mais qui est important pour ne pas oublier ce qui s'est passé », explique Yves Nadon.

La maison d'édition D'Eux tenait à publier cette histoire. « Premièrement, parce que nous l'aimions beaucoup, parce que ça a déjà été fait en français, mais le livre n'existait plus. On trouvait ça dommage qu'un tel texte n'existe plus. C'est comme si on apprenait que La liste de Schindler n'existait plus et que plus personne ne pouvait le voir. C'est un très grand film sur l'Holocauste. »

Les éditions D'Eux ont refait la traduction parce qu'elle n'était pas fidèle à l'ouvrage original. La mise en page a aussi été retouchée. « On a refait un nouveau livre. Les illustrations frappent. C'est juste du noir et blanc à l'exception des étoiles qui sont jaunes à juste titre. Ce n'est pas un livre facile qu'on achète à sa nièce en lui disant de s'amuser », croit M. Nadon.

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