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Une nouvelle méthode pour débloquer des artères développée à Sherbrooke

Un ingénieur sherbrookois a mis au point une technique permettant le déblocage d'artères : le SoundBite.

L'équipe de Martin Brouillette, professeur au Département de génie de l'Université de Sherbrooke, a développé une technologie qui transmet des ondes de choc par des fils-guides afin de traverser spécifiquement les tissus calcifiés et fibrotiques dans le système vasculaire artériel tout en laissant intacte la paroi élastique des vaisseaux sains.

« Le défi avec les méthodes traditionnelles d'angioplastie, c'est que lors de l'intervention, on se bute parfois à des parois de vaisseaux très endurcies par l'accumulation de calcaire, notamment. Il est parfois impossible de traverser le blocage, car il est trop dur, ce qui nous empêche de procéder avec le reste du traitement. L'intervention est alors un échec. Le guide SoundBite pourrait nous permettre de franchir de tels blocages avec succès », soutient Dr Andrew Benko qui a testé la technique sur un patient en décembre dernier.

C'est sur un homme de 72 ans, qui souffrait de claudication et de douleurs importantes puisque les artères de ses jambes étaient bloquées, qu'on a testé la technique pour une première fois. L'intervention a été une réussite. En retrouvant une vascularisation suffisante, le patient a retrouvé une qualité de vie. L'intervention a duré deux heures et l'homme a été conscient tout au long. Il a pu quitter l'hôpital le jour même en marchant.

« Ça a changé ma vie. Ça m'a ramené trois ou quatre ans en arrière. Avant, je montais deux, trois marches et j'avais les jambes en guenilles. Trois jours après l'intervention, je pouvais monter les marches, aller à mon courrier, aller à la piscine sans problème. Des choses que je ne faisais plus à la fin. Mon épouse ne le croyait pas! », raconte, en souriant, Jean-Claude Bergeron.

Dr Benko m'a fait gagner le gros lot. C'est un miracle! C'est extraordinaire! Je suis un homme neuf!

JeJean-Claude Bergeron

Un réel problème

Pour les chirurgiens, c'était un réel problème que de se buter à des parois endurcies. « Traverser une occlusion avec un fil-guide, c'est comme traverser un mur de brique avec une nouille de spaghetti cuite. C'est très difficile et c'est long. Notre stratégie, c'est qu'on génère des ondes de choc avec un appareil à l'extérieur du patient qui sont transmises à l'intérieur du guide ce qui fait un effet de marteau piqueur au bout du guide », illustre Martin Brouillette.

L'équipe de M. Brouillette travaille au développement de cette technologie depuis 10 ans. Il aimerait étendre son procédé à d'autres champs d'intervention comme en orthopédie ou pour détruire des pierres au rein, par exemple.

Cette première intervention s'inscrit dans une étude internationale approuvée par Santé Canada qui s'effectuera auprès de 30 patients à Sherbrooke, Montréal et en Autriche.

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