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Une personne sur quatre victime de violence sexuelle sur les campus du Québec

Une personne sur quatre a subi une forme de violence sexuelle au cours de la dernière année sur six campus du Québec, dont l'Université de Sherbrooke. Ce constat a été rendu public lors du dévoilement des premiers résultats d'une vaste étude sur la sexualité, la sécurité et les interactions en milieu universitaire.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheuses ont compilé les réponses de 8733 répondants, incluant certains membres du personnel. Chacun des répondants a rempli anonymement des questionnaires en ligne l'hiver dernier.

Le quart des répondants affirment avoir été victimes d'une forme de violence sexuelle, du harcèlement jusqu'à l'agression sexuelle.

Les femmes et les personnes issues de la diversité sexuelle sont davantage ciblées par ces actes.

Le plus souvent, ces violences se produisent au cours d'activités festives organisées à l'extérieur des campus ou lors d'activités d'étude et d'enseignement.

Prise de conscience 

Le ratio québécois est similaire à d'autres statistiques observées ailleurs au Canada. Malgré tout, le constat surprend l'une des chercheuses de l'étude.

« Je pensais que ça existait moins ou peu dans le milieu étudiant. Ce n'est pas le cas. Même pour une chercheuse en agression sexuelle, je prends conscience que le phénomène est aussi présent dans ces établissements-là », souligne Geneviève Paquette, professeure au Département de psychoéducation de l'Université de Sherbrooke.

Encore de la stigmatisation

Selon ces résultats préliminaires, 6 victimes sur 10 raconteront leur histoire à un proche. Toutefois, dans la moitié des cas, la réaction du confident sera loin d'être réconfortante. « Elles se font dire qu'elles auraient pu prévenir la situation quand elles se confient à quelqu'un, que ce n'est pas si grave que ça, de ne pas y penser. On pensait qu'au Québec, on en n'était plus là », s'étonne encore Geneviève Paquette.

Cette réaction peut facilement conduire la personne à se replier sur elle-même. « On n'arrive pas à créer une atmosphère où le dévoilement est encouragé », se désole, pour sa part, Rodrigue Turgeon, vice-président à la condition étudiante de la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke.

L'étude a aussi été menée à l'UQAM, à l'UQAC, à l'UQ ainsi qu'à l'Université Laval et à l'Université de Montréal.

Le rapport complet permettra d'avoir une estimation plus précise du nombre d'agressions sexuelles commises sur les campus. Toutefois, les universités ne seront pas comparées entre elles, car la participation a varié d'un établissement à l'autre.

L'étude complète devrait être déposée en novembre prochain.

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