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Une soirée thématique de célibataires d'un bar de Sherbrooke suscite la controverse

Le Boston Bar de Sherbrooke fait une fois de plus parler de lui pour une soirée thématique appelée « F*ck ton ex », qui aura lieu vendredi soir. L'an dernier, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l'Estrie (CALACS) avait dénoncé l'événement. Cette fois, ce sont des citoyennes qui ont mis en ligne une pétition contre cette soirée qu'elles considèrent être sexiste.

Sur la page Facebook du bar, on peut lire que « Le 10e anniversaire de "F*ck ton ex" s'annonce comme une édition totalement bordélique, une nuit réservée aux party animal (sic) [...] Toutes les limites seront repoussées! ». 

Les signataires de la lettre demandent au propriétaire de l'établissement de ne pas tenir ce genre de soirée. « C'est une soirée dans un bar où il va y avoir consommation d'alcool. On invite les gens à consommer à outrance, à dépasser les limites. Ça va être une soirée bordélique. Il y a toute l'utilisation du langage à connotation sexuelle aussi », déplore l'une des cosignataires de la lettre, Marie-Danielle Larocque.

« En poussant les gens à consommer de l'alcool dans un but ultime d'avoir un ou plusieurs rapport(s) sexuel(s), cet événement banalise non seulement les agressions par intoxication, mais fait également preuve de sexisme en utilisant encore une fois les femmes comme des objets sexuels à consommer à outrance. Outre les multiples références à la pornographie et aux bordels de prostitution sur le site internet de « F*ck ton Ex! », la connotation sexuelle est aussi très claire dans leur affiche publicitaire arborant l'image d'une femme, à l'allure suggestive, portant une camisole « who's next? », avec les cheveux en bataille et le rouge à lèvres épais », peut-on lire dans la lettre disponible sur le site internet Sherbrooke féministe. 

Au CALACS de l'Estrie, on n'est pas surpris que des citoyennes dénoncent cette soirée. « Il y a comme une prise de conscience au niveau de la population. Les gens sont tannés de voir ce genre d'événement se passer dans notre ville. Ça démontre qu'il y a une certaine sensibilité qui s'est développée au sein de la population. Mais il y a encore toute une marge de la population qui ne comprend pas toutes les nuances que l'on peut retrouver dans le consentement. Toute cette idée que, lorsqu'on est en état d'ébriété, on n'est pas en mesure de consentir. Ce n'est pas le CALACS qui le dit, mais la loi », rappelle la porte-parole du CALACS de l'Estrie, Stéphanie Tremblay. 

L'an dernier, la tenue de la soirée « F*ck ton ex » avait fait grand bruit, mais le propriétaire du bar se défend en disant « qu'aucun rapport sexuel non consenti n'était toléré, et qu'aucun viol n'a été rapporté. »

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