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Unité de soins palliatifs : le CHUS veut élargir l'accessibilité

Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) amorcera une réflexion sur l'accessibilité aux unités de soins palliatifs afin de l'offrir aux patients en fin de vie toutes maladies confondues.

En ce moment, les 12 lits sont uniquement destinés aux patients atteints de cancer.

« Il faut des équipes présentes autant médicales que professionnelles. Il faut qu'on s'assure que la formation est adéquate pour répondre aux besoins de la clientèle », explique Stéphane Tremblay, directeur général adjoint aux programmes de santé du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS.

Il est possible de recevoir des soins palliatifs de la part d'employés qualifiés aux autres étages du CHUS, toutefois le roulement de personnel y est plus élevé.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en a profité pour rappeler que les soins palliatifs ne sont pas destinés à une seule maladie.

« Il n'y a pas de discrimination à l'entrée. Ces soins-là doivent être offerts à tout le monde, peu importe la cause qui apporte la personne en fin de vie ou en perte d'autonomie sévère que ce soit la maladie dégénérative, la fin de vie elle-même ou le cancer »

Une situation dénoncée

Une résidente de Sherbrooke a récemment dénoncé l'inégalité subie par les patients en fin de vie qui ne sont pas atteints de cancer. 

Jean-Marie Poulin est décédé il y a deux ans, mais sa conjointe, Sylvie Croteau, est toujours hantée par les circonstances de son décès et dit être troublée par des cauchemars.

Ayant plusieurs ennuis de santé, notamment une démence vasculaire, M. Poulin a été admis à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke en octobre 2014.

« On m'a demandé ce que je voulais pour mon mari, j'ai dit qu'il arrête de souffrir. Ils ont demandé à mes enfants si on voulait le mettre dans un état de confort », explique-t-elle.

Il reçoit donc des soins de confort, sans être admis à l'unité de soins palliatifs de l'Hôtel-Dieu, destinés uniquement aux patients atteints de cancer. Sylvie Croteau estime que sa famille a été laissée à elle-même à plusieurs reprises lors de l'hospitalisation. Après quatre jours d'hospitalisation, Jean-Marie Poulin a rendu l'âme.

Revoir les soins palliatifs

Sylvie Croteau aurait préféré que son conjoint bénéficie des services offerts à la maison de soins palliatifs Aube-lumière, mais elle est aussi destinée aux patients atteints de cancer.

Ce cas illustre bien une réflexion nécessaire sur l'accessibilité aux soins palliatifs, croit l'avocat Jean-Pierre Ménard. L'accès est difficile pour les malades qui ne souffrent pas de cancer, estime-t-il.

Le CHUS estime avoir respecté son protocole

Sylvie Croteau a formulé une plainte au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

La femme voulait obtenir le dossier médical de son mari et faire valoir son insatisfaction quant aux services de l'hôpital. Elle a reçu une fin de non-recevoir parce que le médecin traitant de son mari n'est plus à l'emploi du CHUS.

La direction de l'établissement rappelle tout de même que dans le processus de plainte « une personne peut aller plus haut, soit au Protecteur du citoyen. Dans le cas d'une plainte portant sur un médecin, une personne non satisfaite de la réponse peut aller au Collège des médecins », et le dossier médical n'est pas nécessaire pour procéder.

Un appel à l'extension des soins palliatifs

Des médecins ont aussi appelé lundi à l'extension des soins palliatifs aux patients qui souffrent de maladies chroniques.

Dans leur analyse publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne, ils proposent d'améliorer ces soins en particulier pour les patients qui souffrent d'insuffisance cardiaque et de maladie pulmonaire obstructive chronique.

Les auteurs citent une étude internationale qui place le Canada au 18e rang mondial quant à la prestation des soins palliatifs.

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