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Vers la fin des cours magistraux au Collège Saint-Bernard de Drummondville

Terminés le tableau noir, les rangées de pupitres et les cours magistraux au Collège Saint-Bernard de Drummondville. Cette école privée mise dorénavant sur l'autonomie des élèves dans un cadre où discipline et rigueur restent néanmoins de mise.

Un texte de Jean-François Dumas

Ici, 180 élèves de la première à la troisième secondaire du Programme sport et arts évoluent depuis septembre dans des classes mixtes loin du modèle traditionnel. « On part du principe que la société a évolué, mais le monde de l'éducation, lui, a peu évolué depuis le 19e siècle », affirme d'entrée de jeu, le directeur de l'endroit, Dominic Guévin.

Dans la « Zone innovante » du Collège Saint-Bernard, les adolescents sont maîtres de leur horaire. « L'élève qui était une plante verte, qui attendait que le professeur termine son explication, c'est révolu! On est rendu ailleurs. Ce qu'on veut, c'est que l'élève puisse avancer à son propre rythme, qu'il ait un enseignement personnalisé pour l'amener à collaborer, mais surtout pour qu'il ait une détermination et qu'il prenne en main son autonomie », explique M. Guévin.

Ainsi, les exposés magistraux traditionnels sont remplacés par un plan de travail élaboré par six enseignants qui suivront les élèves pendant trois ans. « Le vendredi, l'élève reçoit son plan de match qui lui dit ce qu'il a à faire en français, en anglais, en math et en histoire. Durant toute la semaine, il construit son horaire, avance dans son plan de match, écoute les capsules. Il y a des profs qui sont là pour donner des mini cours », illustre Dominic Guévin.

Pas de place à la paresse

La rigueur et la discipline restent évidemment de mise dans ce modèle d'enseignement qui pourrait faire rêver bien des adolescents plus paresseux. « Le jeudi, l'élève est contrôlé pour voir s'il a atteint ses objectifs. S'il ne les a pas atteints, on lui retire ses périodes de sport, d'arts ou la période récompense », assure le directeur.

Le concept, qui sera sous peu implanté à tous les niveaux d'enseignement, semble plaire aux principaux intéressés. « Quand on a fini notre plan de travail, on peut faire plus de sport et ça ben c'est une véritable source de motivation », raconte l'un d'eux.

Ce modèle pédagogique, que l'on peut comparer à ce qui est proposé dans les écoles alternatives, repose sur des bases empiriques reconnues, selon un expert en éducation. « L'effet enseignant, c'est prouvé par plusieurs recherches que c'est ce qui contribue le plus à l'amélioration de la réussite. Alors, de composer une équipe stable de six professeurs spécialistes de plusieurs matières qui vont pouvoir accompagner les élèves dans leur classe [c'est une bonne chose] », soutient le doyen de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, Serge Striganuk.

Il faudra néanmoins, croit-il, soutenir les élèves moins à l'aise avec la formule. « Les élèves s'organisent de mieux en mieux. Ils arrivent dans leur plan de travail et ceux pour qui c'est plus difficile, on prend du temps avec eux », assure un des enseignants, Pierre-Olivier Jetté.

En nomination pour un prix

Avec ce projet qu'il qualifie d'unique, le Collège espère rafler le prix Innovation en éducation Fédération des établissements privés du Québec. Le gagnant sera connu mercredi soir.

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