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Vincent Boutin appelle à la prudence avec les revenus issus de Bitfarms

L'arrivée de Bitfarms à Sherbrooke et les revenus que l'entreprise spécialisée en cryptomonnaie devrait injecter dans les coffres de la Ville par sa consommation d'électricité sont un « cadeau du cie l », estime Vincent Boutin. Toutefois, c'est un cadeau avec lequel les élus devront être « vigilants et prudents ».

Le conseiller municipal veut s'assurer que les revenus anticipés ne soient pas comptabilisés dans le budget d'opération.

« Avec les bitcoins et la blockchain [chaîne de blocs], on pense que l'avenir est prometteur, mais on ne sait pas ce qui va arriver dans le temps avec ça », signale Vincent Boutin, en évoquant la volatilité de la cryptomonnaie.

Les revenus attendus de Bitfarms sont de 3,5 millions de dollars par année, soit l'équivalent d'une hausse de taxes de près de 2 %, prévient l'élu du district Quatre-Saisons.

Ce dernier souhaite que le conseil municipal adopte un règlement pour dédier la somme vers la dette ou les projets d'immobilisations.

« On est quand même assez endetté, on flirte avec les ratios qu'on s'était fixés et les taux d'intérêt sont appelés à augmenter, ce n'est pas un secret pour personne. [...] L'idée, c'est de faire une politique pour pallier ce qui pourrait arriver », exprime Vincent Boutin.

Ce dernier indique qu'il serait assez simple pour la Ville de se doter d'une telle politique.

« Annuell ement, on planifie notre [montant à] payer comptant, qui se trouve à environ 4 millions de dollars actuellement. On pourrait très bien dire que pour 2019, on monte ça du revenu qu'on anticipe de Bitfarms. Ou simplement dire qu'on augmente l'argent qu'on met sur le service de la dette », résume Vincent Boutin.

Questionné à cet effet, le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, croit qu'il est préférable d'épargner les revenus issus de Bitfarms pour répondre aux imprévus.

« Ça sera au prochain budget qu'on verra ça, mais je crois qu'il faudra peut-être les mettre dans notre porte-feuille en attendant et pas nécessairement s'en servir à droite et à gauche, mentionne-t-il. Il y a des urgences qui arrivent, comme on a vu avec le pont Bernier qui est tombé et qui nous oblige à piger dans notre coffre. »

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