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Violence au CHUS : des employés dénoncent la situation 

De l'insulte aux agressions physiques en passant par les menaces de mort, le personnel des centres hospitaliers subit au quotidien de la violence de la part de patients intoxiqués ou souffrant de maladies mentales. Un phénomène difficile à chiffrer, mais pour lequel les employés en Estrie réclament néanmoins des solutions.

Le préposé aux bénéficiaires en psychiatrie à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke Marc-Antoine Fontaine en a vu de toutes les couleurs au cours des ans.

Bras cassés, égratignures, foulures, commotions cérébrales ou fractures : la liste des blessures subies par ses collègues est longue, et c'est sans compter la violence verbale.

Selon lui, la situation s'est d'ailleurs détériorée depuis trois ou quatre ans. 

« Depuis l'arrivée du [ministre de la Santé Gaétan] Barrette et du projet de loi 10, il y a eu beaucoup de coupures de personnel, de préposés aux bénéficiaires, d'agents de sécurité. C'est des gens en moins qui sont aptes à intervenir dans ces cas-là », déplore-t-il.

Depuis peu, les interventions de l'équipe de sécurité pour maîtriser des patients en crise à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont recensées. En août, les agents ont dû intervenir physiquement à 143 reprises, des situations potentiellement à risque pour les employés. 

À ces chiffres, il faut ajouter les cas de violence verbale. « Les menaces, ça fait partie de notre travail, [dont] les menaces de mort », soutient le surveillant d'établissement à l'Hôtel-Dieu, Ted Hébert.

Matériel demandé

Pour protéger le personnel, Marc-André Fontaine, également secrétaire de l'exécutif du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CHUS - CSN, propose d'augmenter les effectifs, et d'acheter de nouveaux équipements : des chaises de transport adapté, par exemple, des détecteurs de métal et des masques anticrachats.

« [Les masques anticrachats] c'est quelque chose dont on aurait vraiment besoin. Les policiers les utilisent avec les patients », souligne-t-il.

Le préposé suggère également qu'on enlève le nom de famille sur leur carte d'identification pour ne garder que leur prénom et leur numéro d'employé, une façon de les protéger contre le possible harcèlement à leur domicile. 

Un problème provincial

Le Dr Nicolas Élazhary, médecin de famille à Sherbrooke et chargé de cours à l'Université de Sherbrooke, travaille à l'urgence de l'Hôtel-Dieu. 

En dix ans de pratique, il a lui-même essuyé plusieurs insultes, reçu des menaces en plus d'être victime d'une agression physique qui l'a mené à un arrêt de travail. La violence selon lui est présente au quotidien. Les cas répertoriés, comme ceux qui sont déclarés à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, ne sont que la pointe de l'iceberg, estime-t-il.

Il a démarré de son côté un projet de recherche pour répertorier les cas de violence. Selon lui, il est nécessaire dans un premier temps de documenter le phénomène.

Les solutions? Elles sont complexes, répond-il, d'autant plus que la réponse doit pouvoir s'appliquer à l'ensemble de la province. « Formons les personnes pour pouvoir mettre en place les meilleurs réflexes », avance-t-il.

Le syndicat organise vendredi sur l'heure du midi une manifestation devant l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke pour dénoncer la situation et interpeler le gouvernement Couillard. 

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