Le téléphone cellulaire a dépassé le bon vieux téléphone filaire comme principal moyen de communication des ménages canadiens. Alors que près de la moitié des familles au pays possède au moins deux appareils mobiles, d'autres font cependant le choix de se débrancher, surtout pour des raisons financières.

Un texte de Carl Marchand

« Si je regarde combien ça coûte un cellulaire, on n'a pas ces moyens-là! » lance Ghislain Lefebvre, résident de Waterville. Lui, sa conjointe Laurie-Anne Dubeau et leurs quatre enfants se débrouillent avec une ligne fixe et deux tablettes électroniques. 

En moyenne, un forfait avec les appels illimités et deux gigaoctets de données coûte 81,05 $ par mois, avant taxes, au Canada.

Le couple ne parle pas d'un « geste de résistance » pour motiver son choix. Ils n'ont simplement jamais eu de téléphone mobile et ne voient pas la pertinence de faire autrement. 

« On est capable de mettre des sous de côté pour faire autre chose », ajoute Ghislain.

Autre chose, c'est surtout voyager. Le couple estime qu'il lui faudrait de 1000 $ à 2000 $ annuellement pour se payer deux cellulaires. Il y a quelques années, le pactole a contribué à un voyage au Costa Rica. L'été dernier, c'était un périple en Nouvelle-Écosse. 

« Rouler 5200 km, sans technologie, c'est possible! » raconte fièrement Laurie-Anne. Le secret : prévoir des jeux, des chansons, et surtout son itinéraire. Puis quand on se perd, on revient à la bonne vieille méthode : demander son chemin. 

« Parfois, ça amène de belles rencontres. Parfois, ça amène quelqu'un qui regarde sur son cellulaire pour te donner la direction », illustre-t-elle.

« La vie n'est pas si pressée que ça. Elle peut attendre cinq minutes sur le bord de la route. »

Dans la vie de tous les jours, vivre sans cellulaire ne demande pas trop de planification, ajoute le couple. Simplement de laisser un numéro de téléphone où on peut être joint et demander aux enfants de faire la même chose.

« Ce n'est pas une religion non plus, tempère Ghislain. On a quand même des écrans tout autour de nous. » Se passer du mobile, c'est simplement réduire le temps d'exposition à l'écran. 

Pour Karine Charron, c'est l'achat d'une maison qu'il l'a incitée à se débrancher il y a un an. 

« Quand j'ai fait le budget réel de l'affaire, je me suis rendu compte que je devais changer mon mode de vie », admet la résidente de Granby.

« Il y avait quelque chose d'un peu honteux de dire : je suis rendue dans ma vie à ne pas pouvoir faire ce choix-là parce que j'ai choisi autre chose, d'avoir une maison. »

Et Karine Charron y est allée pour la totale : en plus d'abandonner le téléphone mobile, elle débranche en même temps la télévision câblée. Même pas question de s'abonner à un service comme Netflix. « Je pouvais passer quatre heures devant la télé à changer de poste. »

L'impact : elle a du temps pour des activités auparavant délaissées, comme simplement lire. Puis, l'esprit est plus tranquille.

« J'ai vraiment l'impression d'être moins dérangée. L'espèce de décalage d'attention. Quand la sonnerie se fait entendre, tu ne regardes pas nécessairement ton téléphone, mais ton attention est ailleurs. »

Une chose n'a pas changé depuis un an par contre : le regard surpris des autres lorsqu'elle leur apprend qu'elle n'a pas de cellulaire. « Les gens n'aiment pas être obligés d'appeler. Ils disent : je vais t'écrire sur Facebook à la place. »

« Je suis en démarche pour rencontrer quelqu'un et quand je dis que je n'ai pas de cellulaire, je ne sais pas ce que ça provoque dans la tête des gens, mais c'est spécial! » conclut-elle en riant.

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