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Voie de contournement à Lac-Mégantic : un tracé alternatif ou rien à Frontenac

La majorité des citoyens de Frontenac souhaitent que le chemin de fer demeure inchangé à Lac-Mégantic, mais ils ne veulent cependant pas être perçus « comme des méchants », insiste le maire Jean Denis-Cloutier. Il déplore du même coup la façon dont Lac-Mégantic a piloté le dossier.

Dans son rapport déposé lundi, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a retenu deux scénarios sur les cinq proposés pour le possible réaménagement de la voie ferrée traversant le centre-ville de Lac-Mégantic : l'option 1, qui prévoit le maintien du tracé actuel, ainsi que l'option 3, qui prévoit la construction d'une voie de contournement.

Or, si certaines modifications ne sont pas apportées au segment de la voie de contournement qui passerait sur son territoire, Jean-Denis Cloutier soutient que ses citoyens et lui militeront plutôt pour le statu quo avec des renforcements de sécurité, malgré le ressentiment qui pourrait habiter la municipalité voisine.

« On n'est pas les méchants qui empêchent la voie de contournement de se déplacer, mais on essaie de trouver une alternative qui a moins d'impact », explique le maire de Frontenac.

En plus de séparer en deux des terres agricoles, si la voie de contournement est construite tel que prévu dans l'option retenue par le BAPE, trois citoyens seraient particulièrement touchés. Deux résidences se trouveraient à moins de 300 mètres de la nouvelle voie ferrée.

« Ça ne m'était jamais arrivé en 26 ans de carrière d'avoir deux personnes devant moi avec les larmes aux yeux lors d'une séance de conseil », fait remarquer M. Cloutier, qui soutient avoir proposé un tracé « qui serait beaucoup moins dommageable. »

« Il y a trois propriétés qui sont touchées qui devront être relocalisées, et il faudra que ce soit au prix que leur propriété vaut, parce que c'est leur fonds de pension », ajoute le maire.

Déception

Jean-Denis Cloutier se dit déçu de ne pas avoir été consulté en amont par Lac-Mégantic pour établir différents scénarios de voie de contournement.

« Depuis le début qu'on demandait d'être partie prenante. Lorsqu'on a eu l'invitation, c'était déjà décidé... », déplore-t-il.

Qui plus est, une déclaration sous serment de ne pas divulguer d'informations a dû être faite par le maire de Frontenac afin de prendre part aux séances d'informations, ce qu'il juge « aberrant », compte tenu qu'il ne pouvait pas répondre à certaines questions de ces citoyens.

« Ce qui m'a frappé [lors du dépôt du rapport], c'est qu'on n'aurait pas assez renseigné nos citoyens... », a-t-il souligné.

« On a été surpris que ça se passe de cette façon là. On a toujours été reconnus à Frontenac pour donner l'heure juste à nos citoyens et si on a été 26 ans en politique, c'est parce qu'on a donné l'heure juste à nos citoyens. Ils ont toujours apprécié avoir la vérité, qu'elle soit bonne à dire ou qu'elle soit moins bonne à recevoir », résume-t-il.

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