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3 ans après L'Isle-Verte, Québec ignore combien de pompiers bénéficient de la clause grand-père

Trois ans après la tragédie de L'Isle-Verte, Québec ignore toujours le nombre de pompiers volontaires qui profitent encore de la clause grand-père. Le coroner Cyrille Delâge avait pointé du doigt cette clause pour expliquer les manquements dans l'intervention du service d'incendie de L'Isle-Verte lors de la tragédie de la résidence du Havre, survenue dans la nuit du 22 au 23 janvier 2014.

D'après les informations de Denis Leduc

La clause grand-père permet aux pompiers qui sont entrés en fonction avant 1998 de continuer à exercer leurs fonctions, même si leur formation n'est pas à jour.

Toutefois, même si le coroner Delâge a recommandé son abolition il y a près de deux ans, le ministère de la Sécurité publique dit qu'il ignore combien de pompiers en bénéficient toujours. Du même souffle, le ministère affirme toutefois que de plus en plus de pompiers sont maintenant formés.

Nous constatons que le nombre de pompiers sous la clause grand-père est en constante diminution et que l'âge moyen de ces derniers se situe autour de la cinquantaine.

Extrait d'un courriel envoyé par une porte-parole du ministère de la Sécurité publique

La plupart des services incendie que nous avons contactés sont toutefois étonnés que Québec n'ait pas de chiffres précis au sujet de la clause grand-père. Chaque année, les municipalités sont tenues de transmettre ces données au ministère dans un rapport annuel.

Tous les services incendie contactés au Bas-Saint-Laurent indiquent que le nombre de pompiers sous le régime de cette clause grand-père est en nette diminution depuis 2014 et que l'on compte très peu d'officiers dans cette situation.

À L'Isle-Verte, tous les pompiers se sont inscrits à une formation depuis l'incendie de la résidence du Havre.

[Nos pompiers] sont plus confiants. Ils ont passé à travers des choses. Ils ont mis à jour leur formation. Ils sont assidus à leur formation. Ils obtiennent de bons résultats. C'est sûr qu'ils sont certainement prêts à faire face à toutes sortes de situations, à mon avis.

Ursule Thériault, mairesse de L'Isle-Verte

Abolir la clause grand-père?

Même si le coroner Delâge a recommandé que la clause grand-père soit abolie d'ici février 2017, Québec ne sait toujours pas s'il va l'abolir. Le ministère de la Sécurité publique affirme qu'il n'a pas encore terminé l'analyse de cette recommandation du coroner.

L'abolition de la clause grand-père pourrait cependant fragiliser les services incendie des petites municipalités qui, souvent, peinent à recruter des pompiers volontaires.

Québec analyse actuellement les possibles impacts d'une telle mesure à partir des données recueillies notamment dans les MRC D'Autray, du Haut-Richelieu et de Manicouagan.

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