On a tendance à l'oublier, mais l'adoption ne s'applique pas seulement à l'humain. Et le processus peut être, parfois, aussi ardu pour les animaux. L'organisme équestre Tenir Promesse oeuvre pour réunir poulains orphelins et juments, histoire de reconstituer une sorte de famille, pendant un temps.

Un texte d'Isabelle St-Pierre Roy 
Avec la collaboration de Denis Castonguay et de Roxanne Simard 

Un poulain de Sainte-Hélène-de-Kamouraska a perdu sa mère quand elle l'a mis bas. Depuis sa naissance, il y a près d'un mois, son propriétaire le traite aux petits oignons.

Dans les deux premières semaines de vie de son poulain, un futur athlète dont le grand-père était champion du monde de course, l'amoureux des chevaux a fait du camping dans sa stalle. 

M. Mercier ne lésine pas sur les efforts et sur les moyens puisque la facture s'annonce assez salée. À l'horaire : des boires aux trois heures, des prises de température et de poids, de la gestion de solutés de perfusion pour que le poulain soit bien hydraté et, surtout, de la recherche pour trouver une jument en lactation. 

Le poulinage en cinq chiffres

Zelda à la rescousse

Il a fallu trouver une jument, c'est là qu'est entré en jeu Tenir Promesse, un organisme fondé en 2011 qui fournit un effort citoyen pour la protection des chevaux au Québec. Le groupe a bâti, à la mi-avril, un registre pour des urgences maternités du genre.

« C'est le premier [registre] en Amérique du Nord […]. C'est un fichier ou les gens peuvent inscrire leurs juments qui sont en lactation pour venir en aide à un petit poulain qui sera inscrit dans la liste », explique Louise Branchaud, présidente de Tenir Promesse. Auparavant, Louise Branchaud était « assaillie par les demandes » et la gestion des poulains dans le besoin et des juments était difficile. Le registre permet aux propriétaires de s'inscrire directement sur Internet. La procédure qui se faisait de bouche à oreille favorise ainsi le jumelage des chevaux, qui se trouvent parfois dans la même région… parfois non.

C'est de cette manière que Zelda, une jument de trait de Pointe-Lebel, sur la Côte-Nord, s'est retrouvée dans l'écurie de M. Mercier, au Kamouraska, après quatre heures de route et deux traversiers.

Audrey-Ann Lévesque a laissé partir sa jument.

« Je me suis mise à la place du propriétaire qui venait de perdre sa jument et qui allait peut-être perdre son poulain s'il ne trouvait pas de maman, donc je me suis proposée. » Les deux chevaux ont des stalles voisines depuis près de deux semaines.

Le hic : Zelda accepte de côtoyer le bébé, mais pas dans le même enclos et pas question que le poulain prenne une tétée.

« Ce n'est jamais facile pour une jument d'adopter un rejeton », mentionne Jacques Mercier, qui a essayé de mettre en contact les deux chevaux. Audrey-Ann Lévesque, maîtresse de la jument s'est même déplacée au Bas-Saint-Laurent. 

Le séjour de la jument sera donc écourté. Zelda prendra la route du retour bientôt. Le poulain, lui, sera cajolé et sevré par Jacques Mercier, son papa sur deux pattes. L'organisme Tenir Promesse continuera à tenir son registre, même si, parfois, la chimie n'opère pas entre un poulain et une jument.

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