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Absence d'ambulance à Manawan : le père d'une fillette noyée témoigne

Il aura fallu plus de six heures pour qu'une ambulance transporte la petite Jaylia Jacob, deux ans et demi, à l'hôpital Sainte-Justine, après qu'elle soit tombée à l'eau dans la communauté atikamekw de Manawan, dans Lanaudière. Pendant ces longues heures de septembre 2009, son père, Jeffrey Niquay, a perdu la notion du temps.

Un texte d'Anouk Lebel

Ce dernier est revenu sur le fil des événements lundi devant la Commission sur les relations entre les Autochtones et certains services publics. Il a toujours du mal à comprendre pourquoi le transport de sa fille a été si long.

L'ambulance a quitté sa base de Saint-Michel-des-Saints, à 10 h 49, selon le rapport du coroner. Elle est arrivée environ une heure plus tard au dispensaire de Manawan, où la petite avait été transportée. Il était plus de 17 h lorsqu'elle est arrivée à l'hôpital Saint-Justine. Son décès a été constaté le lendemain.

La communauté de Manawan se bat depuis 20 ans pour avoir une ambulance sur son territoire. Actuellement, la plus proche se trouve à Saint-Michel-des-Saints, à environ 90 kilomètres de la communauté. Elle est seulement accessible par le chemin forestier qui mène à Manawan.

Le chef s'impatiente

Les dirigeants de la communauté sont toujours sans nouvelles du ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette.

« Notre patience a des limites », a prévenu le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Jean-Roch Ottawa, lors de son témoignage, plus tôt en matinée.

La communauté atikamekw compte pourtant plus de 2500 membres. S'il s'agissait d'une municipalité et non d’une communauté autochtone, le gouvernement respecterait le délai maximal de 30 minutes à compter du moment de l'appel, croit-il.

Or, le transport en ambulance d'un membre de la communauté s'élève à plus de trois heures, selon le mémoire du Conseil déposé devant la Commission.

« On espère que le gouvernement est à l'écoute. Si jamais on n'a pas d'écoute, on va devoir passer à d'autres moyens plus drastiques », a indiqué M. Ottawa.

Il a notamment évoqué la possibilité de formuler une plainte à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse si son appel n'était pas entendu par le gouvernement.

La noyade d'une fillette de 8 ans en septembre 2016 a été une autre conséquence de l'absence de services ambulanciers sur le territoire, a-t-il rappelé.

Les services ambulanciers sont aussi absents d'autres communautés atikamekw de la province. C'est le cas à Wemotaci et à Obedjiwan, deux communautés situées en Haute-Mauricie.

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