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Affaire Lagacé : « la goutte qui a fait déborder le vase » et la nécessité de légiférer

La communauté journalistique réagit vivement aux révélations selon lesquelles le journaliste de La Presse Patrick Lagacé a été espionné par les policiers. L'éditorialiste du Nouvelliste Martin Francoeur presse les élus de se pencher sur la question, qu'il décrit comme un abus inacceptable.

Martin Francoeur parle d'une « intrusion sans précédent dans la vie privée d'un journaliste » qui pourrait décourager des sources de parler. « Ce n'est pas le premier exemple, Patrick Lagacé, mais c'est peut-être le plus flagrant », explique Martin Francoeur en entrevue au micro de Barbara Laroux à Facteur matinal. C'est « la goutte qui fait déborder le vase », ajoute-t-il.

Le fait qu'un juge de paix accepte de donner suite à un mandat de policiers pour permettre l'accès aux données cellulaires et aux paramètres de géolocalisation est « une atteinte grave à notre système démocratique », résume-t-il.

Les médias représentent le quatrième pouvoir et jouent le rôle de chien de garde dans une société démocratiquement saine, soutient Martin Francoeur.

« Il faut que les médias puissent exercer leur travail de façon libre, dit l'éditorialiste. Ça implique que des gens puissent parler aux journalistes en toute sérénité, sans crainte de représailles », ajoute-t-il.

Mettre fin au « flou »

« La dernière chose qu'il faut serait de tomber dans le cynisme, dit Martin Francoeur. C'est le temps de passer aux actes ».

Il déplore le flou juridique qui subsiste. « Ce n'est pas encadré autrement que par la jurisprudence, il n'y a pas de loi là-dessus ».

Le lien de confiance entre les sources et les journalistes doit être maintenu, insiste-t-il.

Mardi matin, les patrons des grandes salles de nouvelles du Québec ont exprimé leur indignation par rapport à la situation dans une lettre ouverte conjointe.

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