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Agressions sexuelles : les victimes de l'ex-chef de police de Wemotaci se confient

Le courage de cinq femmes autochtones victimes d'abus sexuels dans la petite communauté de Wemotaci, en Haute-Mauricie, a été récompensé en décembre dernier. Leur agresseur Jean-Paul Néashish, qui était l'ancien chef du service de police de Wemotaci, a été reconnu coupable d'agressions sexuelles réparties sur une période de 40 ans.

Une victime se souvient que Jean-Paul Néashish avait utilisé son statut de policier pour l'inciter au silence.« Il a commencé à faire des attouchements, raconte-t-elle. Moi, je regardais par dehors, je me demandais comment je ferais, par où je partirais si je voulais m'enfuir. Il a utilisé son pouvoir de policier et par la suite, il a dit de ne pas en parler à personne parce que de toute façon, personne ne me croirait jamais. »

De 1966 à 2006, cinq femmes ont été agressées par Jean-Paul Néashish. Un lourd secret qu'elles ont gardé pendant plusieurs décennies. Quand elles se sont finalement décidées à porter plainte, elles ne se doutaient pas qu'il faudrait presque dix ans avant que justice soit rendue.

« On ne s'est pas levées pour rien »

Le 9 décembre dernier, Jean-Paul Néashish a été reconnu coupable de dix chefs d'accusation, entre autres pour viol, attentat à la pudeur, grossière indécence et attouchements sur des enfants de moins de 14 ans.

« C'est une grande victoire », avait déclaré le procureur Éric Thériault, qui espérait que le jugement passe un message clair que malgré l'uniforme, malgré la position de pouvoir, les policiers sont imputables et ne sont pas à l'abri de la justice.

« On ne s'est pas levées pour rien. » C'est ce que retient l'une des cinq victimes de l'ex-policier, qui avait passé plusieurs années à se demander si sa plainte aboutirait à quelque chose.

Les récentes révélations sur d'autres cas présumés d'abus par des policiers à Val-d'Or leur montrent que leur triste réalité se vit aussi ailleurs. Elles espèrent que leur exemple pourra inspirer d'autres victimes d'abus à prendre la parole.

« Idle no more, assez c'est assez, tranche l'une des victimes de Jean-Paul Néashish. Levons-nous et prenons notre courage à deux mains et avançons. »

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