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Aide médicale à mourir : le ministre Barrette invite les maisons de soins palliatifs « à évoluer »

Le refus de la Maison Albatros de Trois-Rivières d'administrer l'aide médicale à mourir à un de ses résidents doit enclencher une réflexion sur le sujet, selon le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette.

Radio-Canada a appris que la Maison a reçu sa première demande d'aide médicale à mourir cet été. Comme l'établissement n'offre pas cette intervention médicale, le patient a dû être transféré au Centre hospitalier de Trois-Rivières.

Le ministre Barrette invite « les administrations des maisons de soins palliatifs qui à la case départ travaillent pour l'intérêt des patients, à évoluer ».

Sur 31 maisons de soins palliatifs au Québec, seules deux offrent l'aide médicale à mourir.

« Si on est à ce point dédié à l'intérêt des patients, je pense qu'on devrait donner préséance à la décision du patient dans le cadre actuel plutôt qu'à notre propre vision philosophique », affirme Gaétant Barrette.

L'Alliance des Maisons de soins palliatifs du Québec affirme que ce cas ne change rien à sa position sur le sujet. Le président François Gamache réitère que le rôle premier de ces maisons n'est pas d'offrir des soins de fin de vie, mais de bien accompagner les patients.

« Si tout le monde avait accès à des soins palliatifs de très grande qualité, comme c'est offert actuellement dans les maisons de soins palliatifs, il y aurait énormément moins de demandes d'aide médicale à mourir », avance-t-il.

L'aide à mourir dans une maison de soins palliatifs

La Maison René-Verrier, à Drummondville, est l'un des deux seuls centres de soins palliatifs du Québec à offrir l'aide médicale à mourir.

Sa directrice, Marie-Julie Tschiember, explique pourquoi la direction a décidé d'aller en ce sens.

« Nous sommes des experts des soins palliatifs et nous sommes donc en mesure le plus possible de soulager le patient à la fois dans sa douleur physique que dans sa douleur morale et psychologique, or, il peut arriver qu'il y ait des cas d'exception, et c'est pour les cas d'exception qu'on a décidé de donner accès à l'aide médicale à mourir », dit-elle.

Marie-Julie Tschiember ajoute que deux médecins de la Maison étaient ouverts à la possibilité de pratiquer l'aide à mourir. La direction a alors sondé 200 personnes, dont les donateurs, les bénévoles, les résidents et leurs familles, et 97 % d'entre eux se sont dits en faveur d'offrir cette option.

Selon elle, il est impossible pour une maison de soins palliatifs d'offrir le service avec la collaboration des médecins.

La Maison René-Verrier a ouvert ses portes au début de 2015. Depuis, elle a accueilli environ 200 patients. Jusqu'à présent, personne n'a demandé à recevoir de l'aide pour mourir, ce qui est positif, selon la directrice.

« Si jamais ça arrivait trop souvent, je me poserais des questions sur comment on applique nos soins », conclut-elle.

D'après les informations de Marie-Ève Trudel

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