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Alzheimer : la France s'inspire de la Maison Carpe Diem de Trois-Rivières

La méthode développée par la Maison Carpe Diem de Trois-Rivières est appliquée outre-Atlantique : les premiers pensionnaires font leur arrivée ces jours-ci dans une nouvelle maison située à Crolles, près de Grenoble, dans le sud-est de la France.

Il s'agit du premier de deux établissements prévus pour accueillir un total de 30 jeunes personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer dans cette commune de l'Isère. Ils appliquent la méthode développée par Carpe Diem - Centre de ressources Alzheimer, qui mise sur l'autonomie des personnes qu'elle accompagne. Ces deux établissements sont les premiers à reprendre la méthode développée à Trois-Rivières en Europe.

Carpe Diem - Centre de ressources Alzheimer (qui s'occupe notamment de la Maison Carpe Diem) et sa fondatrice et directrice générale Nicole Poirier sont impliqués dans la mise sur pied du projet depuis près de cinq ans. Elles ont notamment travaillé avec l'association AMA Diem, fondée par Blandine et Xavier Prévost. « Avec nous et avec le soutien de la coopération internationale, ils ont réussi à convaincre le gouvernement français d'autoriser un budget expérimental pour faire les choses autrement, se félicite Nicole Poirier. Ça c'est grand et c'est gros. »

Convaincre les autorités de sortir des sentiers battus

Nicole Poirier rapporte qu'il n'a pas nécessairement été facile d'implanter la méthode Carpe Diem en France, où il a fallu convaincre les autorités de la santé de financer un projet « qui va à l'encontre de tout ce qu'on apprend dans le domaine de la santé, du médico-social en France.

Elle cite en exemple le design de la cuisine des Maisons de Crolles, pensées pour cuisiner les repas avec les personnes qui y résident. « On nous disait que ce n'était pas possible d'avoir une vraie cuisine; d'habitude, les cuisines sont cachées pour s'assurer de la salubrité, explique la directrice de Carpe Diem. Nous on disait qu'il y a moyen de préserver la salubrité tout en ouvrant la cuisine. Petit à petit, ils ont compris et on a écrit avec eux un projet qui a été accepté par les instances. C'est franchement un grand pas que l'on vient de franchir. »

Prolonger en France le rêve caressé pour Trois-Rivières

La fondatrice de Carpe Diem reconnaît que le projet développé en France correspond presque en tout point à ce qu'elle souhaiterait développer à Trois-Rivières. Nicole Poirier aimerait pouvoir ouvrir un deuxième centre à Trois-Rivières et accueillir les personnes malades jusqu'en fin de vie, un aspect qui a été incorporé dans le projet français.

Une employée de Carpe Diem se trouve actuellement en France. L'organisme a aussi participé en décembre à la sélection du personnel et s'est engagé à accompagner les Maisons de Crolles pendant leurs neuf premiers mois d'opération.

L'organisme de Trois-Rivières s'implique beaucoup dans le projet français entre autres pour montrer aux autorités québécoises que l'approche Carpe Diem a le potentiel de « contaminer » le reste du réseau.

« En France ce qu'ils veulent faire, c'est influencer partout (en France) avec ce projet-là, explique Nicole Poirier. On se dit : pourquoi ce qu'on fait à Trois-Rivières ne pourrait pas influencer les établissements, les organismes qui vont à domicile (NDLR : au Québec) ? On pourrait tellement faire différemment, on n'avance tellement pas vite en ce moment. »

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