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Anthony Beauvillier a retrouvé Mathew Barzal… et le sourire

Il aurait été ambitieux, presque cabotin, de demander à Anthony Beauvillier s'il croyait au destin, mais l'on avait la question sur le bord des lèvres.

Un texte d’Alexandre Gascon

La recrue Mathew Barzal et lui se connaissent depuis six ans maintenant et ont développé une amitié loin des arénas, qui s’est rapidement reflétée sur la glace depuis que l’entraîneur Doug Weight les a réunis.

C’est qu’en plus d’une passion et d’un même chandail, les deux joueurs partagent une langue… enfin, deux.

« Quand on s’est rencontrés la première fois, Barzal parlait mieux français que moi je parlais anglais », a lancé Beauvillier, à moitié plaisantin, à moitié sérieux.

« On ne parle pas souvent français. Quand on le fait, c’est pas nécessairement des mots qu’on dirait à la télé », a-t-il ajouté.

« On avait 14 ans. C’était à un événement Allstate All-Canadians, présenté par l’Association des joueurs de la LNH. Ils amenaient les meilleurs joueurs de ce groupe d’âge. Mathew m’a dit bonjour au lieu de me dire good morning. Je suis comme resté surpris. Après ça, on est restés proches. C’était le seul gars qui parlait français dans mon équipe. On est resté en contact, on s’est facetimé deux, trois fois, et après on s’est revu avec Équipe Canada des moins de 18 ans, on était cochambreurs. Après ça, il y a eu Équipe Canada junior et on a été repêché à la même place », a raconté Beauvillier en long et en large après l’entraînement matinal des Islanders, lundi.

Il aurait pu ajouter que depuis deux matchs, les comparses jouent dans le même trio et le résultat est spectaculaire.

Rétrogradé pour la première fois

Le Québécois originaire de Sorel-Tracy, a fait le saut dans la LNH l’année dernière à 19 ans, un rare privilège. Jusqu’au Jour de l’an 2018, Beauvillier n’avait jamais mis les pieds dans la Ligue américaine (LAH).

L’attaquant traversait le désert depuis 11 matchs avec 1 seul point au cours de cette séquence et son entraîneur-chef, Doug Weight, l’a convoqué dans son bureau le 1er janvier.

« Ça n’a pas été facile à entendre, la première journée de 2018. Mais j’ai bien pris ça. Je suis allé jouer deux matchs, ça a bien été, j’ai travaillé fort. Tout est dans la tête au hockey. Je voulais plus la rondelle, j’étais plus en confiance, je voulais faire des jeux, je savais que j’étais capable d’avoir du succès. Ça a fait une grande différence », a-t-il expliqué.

Trois matchs et deux buts plus tard avec les Sound Tigers de Bridgeport, Beauvillier reprenait la route de Brooklyn et se retrouvait associé à la gauche de Barzal.

Il a d’abord inscrit un filet dans une victoire contre les Devils du New Jersey et le duo s’est éclaté samedi dernier avec une performance de huit points, cinq pour Barzal, trois pour Beauvillier, contre les Rangers.

« Il est rapide, il travaille fort, il peut compter. J’essaie de lui donner la rondelle. Il a fait beaucoup de beaux jeux l’autre soir. Nous avions une chimie dès le départ », l’a complimenté Barzal dans un bon français conservé depuis ses jours en immersion à Coquitlam.

En route pour le Calder?

Lorsque viendra le temps pour John Tavares de décider s’il signe une prolongation de contrat avec les Islanders ou s’il profite de sa liberté, le nom de Mathew Barzal sera sûrement souligné à gros traits.

La recrue de 20 ans a insufflé un époustouflant dynamisme à l’attaque new-yorkaise, qui était tout de même 10e dans la LNH l’an passé, mais qui chauffe cette saison le Lightning de Tampa Bay au 2e rang avec une moyenne de 3,41 buts par match.

Les 44 points en autant de matchs de Barzal, un sommet chez les patineurs recrues, ont grandement contribué à inspirer cette attaque.

Barzal est maintenant utilisé dans toutes les situations de match et continue d’impressionner son entraîneur.

« C’est une éponge, il veut tout apprendre », a fait valoir Weight.

« Le plus impressionnant de leur part, c’est la vitesse à laquelle ils apprennent », a-t-il expliqué en faisant un parallèle avec Tavares.

« Quand on les corrige ou on leur lance un défi, à leur présence suivante, c’est déjà corrigé. Son jeu est incroyable depuis la fin octobre l’année dernière quand il est retourné avec les juniors. Il a travaillé sur ce qu’on lui demandait. C’est rafraîchissant de voir que, quand tu as un meeting difficile comme ça avec un joueur, que tu le défies, il travaille et ça se voit. »

« Son jeu est basé sur la possession de la rondelle. Il est un extraordinaire patineur, il apprend rapidement. Et heureusement pour nous, ses mains et sa tête suivent le rythme de ses pieds et c’est sa plus grande force. Il a un talent phénoménal pour faire les choses à pleine vapeur, mais en même temps le jeu ralenti lorsqu’il a la rondelle », a assuré l’entraîneur, intarissable sur sa recrue.

Si on ajoute à l’attaque des Islanders les 34 points de Jordan Eberle et les 25 buts d’Anders Lee, New York a soudainement de nombreux arguments pour tenter de retenir les services de son capitaine dans les prochains mois.

Et, davantage que de se trouver à seulement un point du portrait éliminatoire, voilà sûrement la meilleure nouvelle dans le camp des Islanders.

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