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Arctic Ultra : 690 km de course sous le froid au Yukon

Depuis dimanche, 40 coureurs participent à la 14e édition de la Yukon Arctic Ultra, une course de 690 kilomètres qui suit le tracé d'une autre course, celle des chiens de traîneaux, la Yukon Quest.

Les coureurs ont 13 jours pour parcourir le trajet entre Whitehorse et Dawson City.

Les compétiteurs tirent leurs provisions avec une luge en plastique. Certaines nuits, ils dorment à des points de rencontre, alors que d’autres nuits, ils campent seuls, au coeur de la nature sauvage.

L’organisateur de la Yukon Arctic Ultra, Robert Pollhammer, estime qu’en moyenne 60 % des coureurs se rendent à la destination finale. Certaines personnes doivent cependant s'inscrire plusieurs fois à la course avant d’atteindre enfin Dawson City. À titre d'exemple, Réjean Moreau, du Québec, en est à sa cinquième participation.

Il a décidé de troquer sa luge pour une trottinette des neiges pour qu’elle puisse être poussée ou tirée : « Tu dois avoir assez de nourriture pour 48 heures et tu as besoin de matériel de camping. Évidemment, des vêtements de rechange […] une trousse de premiers soins, une trousse de réparation. Tu dois être totalement autonome ».

L'Arctic Ultra n’est qu’une des nombreuses courses qui se déroulent en simultané avec d’autres. Des coureurs ont ainsi terminé un marathon dimanche, alors que d’autres pourront courir 160, 321, 482 et 690 kilomètres. Les coureurs peuvent choisir de courir à pied ou peuvent faire la route en vélo de montagne ou en ski de fond.

« Les démons sortent la nuit »

Les coureurs doivent affronter la fatigue extrême et de longues heures de solitude lors du parcours.

Ils choisissent d’ailleurs souvent de courir pendant la nuit, leur lampe frontale pour seule source de lumière.

La combinaison de fatigue, de répétition et d’ombres peut leur jouer des tours.

Scott Smith, un coureur de 48 ans en provenance d’Écosse, affirme avoir souffert d’hallucinations lors de sa dernière course. L’an dernier, il a vu une femme en robe d’été le long du parcours.

« Je me suis demandé : pourquoi est-elle là? Elle doit avoir froid, se rappelle-t-il.  Elle était aussi vraie que vous qui vous tenez là. Mais alors que je m’approchais d’elle, j’ai découvert que ce n’était qu’un petit conifère couvert de neige. »

Et plus M. Smith marchait, plus ses visions devenaient terrorisantes. Il a vu une sorcière et un démon cornu.

Il se rappelle même avoir vu le cowboy Woody, du film Histoire de jouets. « Il était sur le chemin. Grandeur nature, les mains sur les hanches, il me regardait. J’ai vraiment eu peur. J’ai dû mettre plusieurs minutes avant de pouvoir continuer. »

Scott Smith explique qu’un esprit qui erre peut être très dangereux, car les coureurs doivent se fier à leur jugement. Un autre risque est de courir en état de somnolence et de s’effondrer endormi dans la neige.

Une équipe médicale aux aguets

Plusieurs coureurs souffrent également d’engelures. Selon Robert Pollhammer, une équipe médicale est présente à chaque point de rencontre. « Ils s’assurent que tout va bien pour les coureurs. Ils sont là pour veiller à ce que tout se déroule bien et pour régler tout problème le plus rapidement possible », explique-t-il.

Les membres de l’équipe médicale ont l'autorité d’empêcher un coureur de continuer son chemin s’ils jugent que le coureur n'a plus toute sa tête ou qu’il n’obéit pas aux ordres.

Les compétiteurs de 2017 viennent, entre autres, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, de la Suède, du Danemark et du Brésil. Parmi eux figurent aussi 28 Yukonnais qui, pour la plupart, participent aux plus « courtes » distances, comme le marathon.

10 000 calories par jour

Les coureurs doivent ingurgiter des repas riches en calories. Le climat rigoureux pousse les coureurs à consommer plus de 10 000 calories par jour, soit 8000 calories de plus que la quantité quotidienne recommandée.

Les coureurs transportent avec eux un petit réchaud pour faire fondre la neige et pouvoir la boire.

Shane Mooney, un coureur de l’Irlande, a voulu faire l'Arctic Ultra puisqu’elle est très difficile. « Je pense que c’est l’aventure, le froid, la solitude, la noirceur qui attirent les gens. J’aime bien penser à la dernière portion de la course où il y a moins de soutien. Je veux y aller à fond cette année », raconte-t-il.

D'après des informations de Claudianne Samson et CBC

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