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Attention à la gestion des grands projets, dit la vérificatrice générale de Trois-Rivières

Un nouveau centre des congrès en plein coeur du centre-ville, un futur colisée de 5000 places : les grands projets ne manquent pas à Trois-Rivières et la vérificatrice générale de la Ville, Andrée Cossette, met en garde les élus contre les risques de dérapage.

Un texte de Marilyn Marceau

Le rapport de la vérificatrice générale pour l'année 2015 a été officiellement déposé lundi soir, lors du conseil municipal. Dans le document de 167 pages, Andrée Cossette s'est permis d'entrée de jeu de mentionner qu'elle surveillera de près les projets comme le développement du District 55, ainsi que le futur colisée et centre des congrès.

La Ville « investit, depuis quelques années, des dizaines de millions de dollars dans différents projets de grande envergure », fait-elle remarquer. 

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, croit que la vérificatrice générale s'en fait pour rien. « C'est un jugement qu'elle porte sans avoir toute l'information », a-t-il déclaré.

Le maire affirme que les élus et les fonctionnaires de la Ville choisissent avec soin les projets qu'ils décident d'entreprendre. Il ajoute qu'ils se demandent toujours « de quelle façon on procède pour que ce soit le plus économique possible pour l'ensemble des contribuables ».

Dans son rapport présenté l'an dernier, la vérificatrice générale s'était particulièrement inquiétée des problèmes d'impartialité chez Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières. Elle indiquait que l'organisme avait consenti des prêts et des subventions à des entreprises directement liées à des administrateurs ou à des officiers d'IDE.

Andrée Cossette constate que, comme recommandé, l'organisme a revu ses règles d'éthique et de déontologie. Elle souhaiterait cependant voir « un meilleur arrimage entre ces deux codes [celui à l'intention des administrateurs et membres de comités d'investissement et celui applicable aux employés] afin de véhiculer un message cohérent et uniforme à l'ensemble de l'organisation ». 

Elle suggère aussi de modifier une disposition du code « afin de ne pas permettre à un employé d'exploiter une entreprise parallèlement à son emploi chez IDE ».

Le maire de Trois-Rivières souligne de son côté qu'il y a eu des progrès et croit qu'il serait illogique de modifier davantage les règles.

« Ce n'est pas vrai qu'on va empêcher les membres d'un conseil d'administration bénévole autant qu'élu de s'abstenir d'avoir droit à des subventions, d'avoir droit à un emploi, d'avoir droit à des programmes qui sont donnés pour tout le monde. Ce n'est pas un traitement de faveur, c'est être équitable », clame-t-il. 

Il croit qu'il est suffisant que les gens se retirent de la réunion lorsqu'ils sont en position de conflit d'intérêts.

Ce rapport annuel souligne également que depuis 2002 - année de l'implantation d'un vérificateur général à Trois-Rivières - 73 % des recommandations ont été appliquées ou sont en « progrès satisfaisants ». 

Yves Lévesque reconnaît qu'il ne vise pas à mettre en place 100 % des recommandations de la vérificatrice générale. « On prend acte de son rapport et tout partout où on juge qu'il y a de la valeur ajoutée et que c'est important de le faire, on va le faire ». 

Le maire a tenu à souligner que le nombre d'employés de la Ville est passé de 1023 à environ 980 entre 2012 et 2015. Il affirme aussi que la Ville a dépensé 600 000 $ de moins en temps supplémentaire en 2015 qu'en 2012.

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