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Au palais de justice de Trois-Rivières depuis 1959

Le 29 juin 1959, Fernand Proulx montait les marches du palais de justice de Trois-Rivières pour la première fois. Il avait 21 ans lors de cette première journée de travail. Cinquante-huit ans plus tard, il y travaille toujours.

Fernand Proulx a été témoin de bousculades entre « prisonniers » et « gardiens de prison », à l’époque où juges, accusés et badauds entraient en salle de cour par la même porte. Il a participé à la modernisation de l’édifice et des équipements. Il a aussi vu des centaines de personnes se recueillir devant le corps du premier ministre Maurice Duplessis, exposé en chapelle ardente tout près de son bureau.

Il l’affirme sans détour, bien des choses ont changé depuis qu’il a obtenu cet emploi d’agent de bureau. Elle est bien loin l’époque où détenus et juges se croisaient dans les corridors.

« Ils arrivaient par le passage, avec les menottes, puis ils s’en allaient dans la salle de cour. J’ai même vu des accrochages et des détenus qui voulaient se sauver. Les gardiens du palais de justice du temps essayaient de les maîtriser. Ce n'était pas comme aujourd’hui, c’était dangereux », se souvient M. Proulx.

Les méthodes de travail sont aussi très différentes d’il y a 58 ans.

Les procès n’étaient pas enregistrés non plus, mais plutôt retranscrits. « Les sténographes, le mot le dit, ils prenaient ça en sténo, dans un carnet. Après ça, [les audiences] étaient enregistrées sur cassettes, à la cour, et maintenant c’est numérique », explique-t-il.

Au fil des ans, Fernand Proulx a travaillé comme agent de bureau, puis a pris en charge le service des finances, comme directeur adjoint. En 1997, il a souhaité mettre fin à sa carrière au ministère de la Justice. Sa retraite n’aura été que temporaire.

« J’avais 38 ans de service, donc j’ai décidé de prendre ma retraite. Et finalement, quatre ans plus tard, le directeur de l’époque m’a téléphoné pour savoir si je voulais travailler [aux archives]. Je suis là depuis 2001. »

Aujourd’hui, à près de 80 ans, Fernand Proulx dit prendre le travail une journée à la fois au service des archives. Il demeure très apprécié de ses supérieurs.

« Il détient une connaissance qu’il est un peu le seul à détenir présentement. C’est quelqu’un qui est un peu une assise dans notre processus de travail, parce qu’on compte sur lui », explique Michel Falardeau, directeur régional des services judiciaires et directeur du palais de justice de Trois-Rivières.

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