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Automutilation d'élèves dans une école autochtone : bilan revu à la baisse

Les autorités ont revu à la baisse le nombre d'enfants ayant eu des gestes d'automutilation dans l'école autochtone de Seskitin, à Wematoci, la semaine dernière. Selon le Conseil de bande des Attikameks, 38 enfants se seraient coupés de façon superficielle dans cette institution de la Haute-Mauricie, plutôt qu'une soixantaine, comme avancé en début de semaine.

Le Conseil de bande a précisé dans un communiqué, samedi, que les jeunes touchés par cette affaire, âgés de 6 à 12 ans, avaient tous été traités pour des blessures superficielles.

Les événements seraient survenus sur le terrain de l'école, ainsi qu'à l'extérieur de l'établissement. Une enquête est en cours pour déterminer les raisons ayant poussé les enfants à s'en prendre à eux-mêmes.

« Nous avons rencontré chacun des élèves et nous avons constaté au niveau des poignets des marques vraiment évidentes. Pour certains, il y avait des coupures aussi au niveau des chevilles », déclarait, plus tôt cette semaine, la directrice de l'école primaire, Nathalie Dominique.

Plusieurs services de santé publique de la région, soit ceux de Wemotaci, de La Tuque et de Trois-Rivières, ont offert leur soutien aux enfants et à leurs parents. Le personnel de l'école a également été mobilisé pour s'assurer que les jeunes ne souffraient pas de séquelles à long terme.

Toujours plus tôt cette semaine, la direction de l'école a encouragé les parents, via Facebook, à discuter avec leurs enfants des émotions ressenties par ces derniers, et ainsi à tenter de déterminer les raisons les ayant poussés à agir de la sorte.

Le Conseil de bande a également recommandé aux parents ou à d'autres adultes d'accompagner les enfants lors d'éventuelles sorties au terrain de jeu.

« [Certains parents] sont désolés, d'autres sont tristes, ou encore bouleversés, car ils ne croyaient pas que cela pourrait arriver à leur enfant, mais je pense que tous finiront par se porter mieux », a indiqué une conseillère déléguée à la jeunesse du Conseil de bande, Alexandra Awashish, lors d'une entrevue téléphonique accordée à RDI.

« Je pense que les parents ont eux aussi besoin de se parler et de se confier. »

Selon Mme Awashish, la direction a « réussi à cibler les élèves » à l'origine de cette vague d'automutilations. Ceux-ci feront l'objet de rencontres pour tenter de leur venir en aide.

« Ce sont des enfants qui ont probablement besoin d'aide », a poursuivi la conseillère, en parlant d'un « cri de détresse ».

Un mal répandu

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a parlé d'une situation « extrêmement préoccupante », lors d'une entrevue à RDI samedi.

« Je pense que les témoignages que nous avons reçus font état d'un malaise, voire d'un mal-être chez les élèves, un phénomène qui n'est pas limité à Wemotaci. »

Au dire de M. Picard, la question de la détresse des jeunes, mais aussi des moins jeunes membres des Premières Nations « devrait faire l'objet de débats, de discussions ».

La situation illustre le « manque d'outils » au sein des Premières Nations, pour faire face à de tels événements, a poursuivi M. Picard.

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