À 10 jours des Championnats canadiens d'athlétisme à Edmonton qui détermineront l'équipe olympique, le coureur Alex Genest est engagé dans une véritable course contre la montre.

Un texte d'Alexandre Gascon

Depuis près de quatre ans, le spécialiste du 3000 m steeple rêve à Rio. Aujourd'hui, son espoir est sur le point de s'envoler.

« Je n'ai pas couru depuis plus d'un mois », lance Genest, sans détour.

Une douleur insidieuse au pied gauche le tenaillait depuis le printemps dernier. Habitué à composer avec des pépins physiques, l'athlète de Lac-aux-Sables a laissé courir l'élancement qui le faisait souffrir pendant son camp d'entraînement en altitude, à Flagstaff, en Arizona.

Il n'a pas ébruité son inquiétude... jusqu'au moment où il a dû se rendre à l'évidence.

« Vers la fin de l'entraînement à Flagstaff, les vives douleurs au pied ont commencé à m'inquiéter, mais c'était tolérable, a expliqué Genest en entrevue à Radio-Canada Sports. Le 20 mai, j'étais à Los Angeles pour une compétition. C'était trop douloureux, je n'ai pas fini la course et je marchais avec des béquilles le soir. »

L'examen médical a révélé une blessure à l'articulation de Lisfranc au pied gauche. Une double déchirure ligamentaire et une tendinite l'ont forcé à porter une botte plâtrée pendant les deux semaines suivantes.

« C'est le pire timing du monde, ça ne pouvait pas être pire », laisse tomber le Québécois de 29 ans.

Loin de la forme olympique

Bien qu'il ait déjà son standard olympique en poche, Genest doit réaliser le chrono de 8 min 30 s une deuxième fois pour convaincre les dirigeants d'Athlétisme Canada de son niveau du moment.

C'est ce que les patrons de la fédération ont baptisé « une preuve de forme », un concept sous le règne du nouveau directeur de la haute performance, Peter Eriksson.

« Si tu n'as pas la preuve de forme, tu n'es pas admissible à te qualifier. Le critère est sorti au mois de mai. Ce n'est pas très clair honnêtement, même pour nous », explique-t-il.

En plus de ses nombreux préalables, Genest devra terminer parmi les trois premiers aux essais canadiens en Alberta pour décrocher son billet olympique. Trois de ses compatriotes, Matthew Hughes, Taylor Milne et Chris Winter, ont réalisé leur standard et courent à pleine vapeur ces jours-ci.

« La réalité fait en sorte que c'est un peu difficile de me qualifier. Je sais ce que ça prend pour se rendre aux Jeux olympiques. Sans être négatif, parce que j'ai vraiment tout fait ce que je pouvais faire en transfert d'entraînement (vélo, natation, etc.), je ne sais pas. Je vais tout donner, on verra ce que ça va donner aux Championnats canadiens », a résumé celui qui avait pris le 16e rang aux Jeux olympiques de Londres en 2012.

Le compte à rebours est commencé. Genest sait ce qu'il a à faire d'ici là.

« Il faut que je retourne sur la piste avant même de penser aux qualifications. Mais je ne fais pas une croix. Dans ma vie, je n'ai pas fait de miracles, mais presque. »

En attendant l'intervention divine, Alex Genest court à 70 % de son poids sur un tapis roulant antigravité. Et il se prépare à vivre les Jeux de Rio, même s'il se peut que ce soit depuis les estrades du stade olympique.

« Ma famille et moi avions tout réservé. J'irai à Rio », conclut-il.

Reste à savoir dans quel rôle...

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