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Cancer pédiatrique : traverser la tempête en famille

Leucan souligne lundi la Journée internationale de sensibilisation au cancer pédiatrique. Chaque jour au Québec, une personne de moins de 18 ans apprend qu'elle a le cancer et c'est toute sa famille qui doit se serrer les coudes pour surmonter cette épreuve. Voici l'histoire inspirante d'une famille de Saint-Étienne-des-Grès en Mauricie qui s'est mobilisée pour la guérison d'Éliane, 4 ans.

Un texte de Claudie Simard

« On dirait qu'on n'y croyait pas, jusqu'à ce qu'ils fassent la biopsie et que [les médecins] nous confirment que c'était bien ça. » Joany Bellemare, la maman d'Éliane, se souvient que tout a commencé par une petite bosse sur le front. Elle a emmené sa fille chez le médecin et le 29 janvier 2014, alors qu'elle venait d'avoir 2 ans, le verdict est tombé : lymphome lymphoblastique aïgu, un cancer qui s'apparente à la leucémie.

Ça a été le début d'un long périple pour la famille Bonneville-Bellemare, qui a deux autres enfants en plus d'Éliane.

Les allers-retours à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal, les crises d'Éliane sous l'emprise d'une forte médication, les nuits blanches à la consoler alors qu'elle souffre, la peur constante qu'un microbe autrement inoffensif s'en prenne à elle et lui cause une autre hospitalisation: la liste des épreuves traversées est longue.

À un certain moment, les parents d'Éliane sont restés deux mois à son chevet à Montréal. Madden, le grand frère, et Marilie, la petite sœur, ont dû composer avec l'absence de leurs parents : « on les a fait garder dans des moments importants, on a manqué les premiers pas de Marilie, on était là pour la rentrée scolaire de Madden, mais à moitié: c'est dur pour les deux autres aussi », reconnaît Hubert Bonneville.

Une famille soudée autour d'Éliane

Éliane va maintenant bien. Elle a complété 91 semaines de chimiothérapie sur 99, soit presque deux ans de traitements, ce qui représente la moitié de sa vie. Pendant tout ce temps, toute la famille s'est mobilisée autour d'elle.

Par exemple, ses parents ont assisté aux rendez-vous ensemble, ils ont tout vécu ensemble pour s'épauler, plutôt que pour se relayer. Ses grands-parents ont aussi été très présents, venant aider souvent plus d'une fois par semaine. Son frère et sa soeur l'applaudissaient et lui présentaient un spectacle pour la distraire quand elle recevait sa médication.

La famille a aussi dû faire des choix quant à son mode de vie. « On est anxieux de faire des sorties avec les enfants parce qu'on ne veut pas ramener des maladies à la maison, explique Hubert Bonneville. Quand même qu'on resterait à la maison à ne rien faire pendant deux ans, deux ans et demi, ce n'est pas la fin du monde. »

Trouver des bouées

Il n'y a pas eu de solution miracle pour traverser la tempête pour la famille Bonneville, mais chacun a fait en sorte que la souffrance les rapproche plutôt qu'elle ne les isole.

Chacun a appris à lâcher prise et à trouver des bouées dans sa vie. Pour la mère d'Éliane, l'appel d'une amie tous les lundis depuis deux ans fait partie de ces petits baumes qui lui ont permis d'avancer. Hubert Bonneville a pour sa part réussi à garder l'esprit clair en continuant à faire du sport.

Joany Bellemare n'a pas senti le besoin d'aller chercher un soutien psychologique pendant les traitements de sa fille. Elle reconnaît toutefois qu'elle aura besoin d'aide pour l'accompagner vers le retour à une vie normale. Une vie où elle pourra aller faire l'épicerie en famille ou aller souper chez des amis avec ses enfants, sans avoir peur qu'un microbe anodin ne menace la vie de sa fille.

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