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Cédrika Provencher : 10 ans plus tard... Radio-Canada dans les coulisses

Le 31 juillet 2007, la disparition de Cédrika Provencher ébranlait le Québec tout entier. Dix ans plus tard, la famille et les experts se livrent à notre équipe dans un documentaire riche et fouillé. Pour le téléspectateur qui connaît peu le dossier, c'est une piste de réflexion sur la manière dont l'affaire Cédrika a fait progresser le milieu policier. Pour celui qui a suivi de près le fil des événements, c'est une incursion à l'intérieur de la cellule de crise.

Un texte de Marie-Ève Trudel

L'équipe de Radio-Canada Mauricie et Centre-du-Québec a su convaincre la famille, qui livre avec une authenticité déroutante sa vision des événements.

« Il y a des gens qu'on n'a pas vus souvent, mais qu'on n'a surtout jamais entendus », dit le journaliste Pierre Marceau qui travaille sur le projet depuis près de deux ans.

Un véritable tour de force que celui de rassembler dans un même ouvrage les témoignages de la mère de Cédrika, Karine Fortier, de son père, Martin Provencher, de son grand-père maternel, Jean-Marie Fortier, et de sa soeur, Mélissa Provencher.

« C'est très touchant quand elle nous parle de sa soeur. On comprend très bien que Cédrika est une personne extravertie, qui aime les gens, qui aime bouger, très avenante, toujours prête à aider », relate le journaliste.

Pierre Marceau a particulièrement été touché par la confiance que les proches lui ont accordée. « Ils auraient pu me dire non », convient-il. Karine Fortier a d'ailleurs souvent dit non par le passé et elle explique pourquoi dans le documentaire de 53 minutes.

« Une vraie petite fille »

Le fil conducteur du documentaire, c'est le grand-père maternel de la fillette, qui s'est fait très discret au fil des années.

« Ce n'est pas un homme qui est nécessairement très habile à donner des entrevues, à s'épancher devant la caméra, explique Pierre Marceau. Pour lui permettre de s'exprimer, d'avoir son point de vue, je lui ai suggéré d'écrire une lettre. »

C'est donc à travers une émouvante lettre à Cédrika qu'on nous entraîne dans le vif du sujet : de la disparition au déploiement de l'enquête officielle, en passant par l'enquête parallèle menée par un groupe de citoyens et par la découverte des ossements. Tout est relaté de façon chronologique, jusqu'à l'étape du deuil, qui, enfin, peut se faire pour la famille.

Plus encore, la famille a remis des photos et des vidéos inédites de Cédrika à intégrer au documentaire. C'était une condition essentielle pour Karine Fortier.

« Cédrika, c'était une vraie petite fille, qui avait une vie et qui a vécu quand même presque 10 ans dans une famille heureuse. C'était ça Cédrika aussi. Ce n'était pas juste une photo sur une affiche », explique le réalisateur Guylain Côté.

Deux ans de travail

Au moment de lancer le projet en 2015, l'espoir de retrouver Cédrika Provencher vivante persistait. Le documentaire a pris un nouveau virage quand les ossements de la fillette ont été retrouvés dans un boisé à Saint-Maurice.

« L'histoire avait tout à coup un rebondissement inattendu, relate Pierre Marceau. L'équipe de tournage a également connu son « rebondissement inattendu » alors que Martin Provencher s'était fait une promesse, celle de ne plus accorder d'entrevues une fois sa fille retrouvée.

« Il a été difficile à convaincre », se souvient Pierre Marceau. « Le fait que la mère et la soeur de Cédrika aient fait l'entrevue, je pense que ça l'a influencé, qu'il s'est dit : "Oui, il faut que je sois dans ce documentaire-là" », explique le réalisateur Guylain Côté.

Un documentaire pour aller plus loin

Que va-t-on apprendre qu'on ne sait pas déjà? « Il y a des informations qu'on a réussi à avoir avec les années, à force de discuter de ça à gauche et à droite avec plein de monde », indique Pierre Marceau.

L'une de ces informations concerne l'Acura rouge qui s'est retrouvé au coeur de l'enquête. « Vous allez apprendre comment les policiers l'ont su et peut-être comprendre aussi pourquoi il n'y a toujours personne d'arrêté », dit le journaliste.

« C'est le sujet pour lequel on a le plus d'archives ici à Trois-Rivières, dit Guylain Côté. C'est un beau petit casse-tête! »

« Quand c'est arrivé, ça a fait la une du Téléjournal pendant un mois au moins et il y avait toujours un rebondissement, quelque chose qui arrivait qui faisait que ça devenait la nouvelle numéro un du jour pendant des semaines. Ce n'est pas arrivé depuis », conclut Guylain Côté.

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