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Cinq médecins poursuivis pour un accouchement qui a mal tourné

Cinq médecins de la région et l'hôpital de Shawinigan sont poursuivis pour 1 445 000 dollars à la suite d'un accouchement « traumatique et chaotique » durant lequel un nouveau-né est demeuré paralysé au bras droit.

Un texte de Sarah Désilets-Rousseau

Depuis février 2014, Anik Bourbeau et Pascal Lessard se battent devant les tribunaux pour obtenir réparation, personnellement et pour leur fils. L’audition de la cause a été retardée par une série de procédures de part et d’autre.

La cause sera entendue pendant 22 jours, du 14 mai au 13 juin 2018.

Leur enfant est né le 10 décembre 2010, par voie naturelle, alors qu’il pesait plus de 13 livres. Selon la demande en justice dont Radio-Canada a obtenu copie, sa naissance a été très difficile.

Par le biais de leurs avocats, les parents de l’enfant reprochent aux cinq médecins une série d’actes médicaux pratiqués incorrectement, lors de la grossesse et de l’accouchement.

Alors que la dame réclamait une césarienne et qu’elle aurait dû en avoir une selon ce qu’affirment les avocats des parents, elle a plutôt accouché par voie naturelle, malgré le poids de son bébé.

De lourdes séquelles

Anik Bourbeau a subi une déchirure importante du périnée, au 4e degré, soit la plus sévère qui soit, prétendent ses avocats, ce qui lui occasionne depuis plusieurs problèmes.

Également, elle souffrirait toujours d’un choc post-traumatique lié à l’accouchement, peut-on lire dans la poursuite.

Quant au poupon, le document indique que sa tête a pu sortir naturellement, mais que le reste de son corps est resté pris dans le ventre de sa mère. Il serait né inanimé, sans tonus ni respiration. Il a dû être réanimé par massage cardiaque. Sa paralysie au bras serait permanente, selon la poursuite.

Les parents font également des reproches à la direction de l’hôpital de Shawinigan, notamment celui d’avoir privilégié les objectifs administratifs aux dépens de la sécurité de la mère de l’enfant.

L’hôpital aurait refusé qu’elle soit hospitalisée une semaine avant son accouchement. Elle n’aurait pas pu, non plus, avoir une échographie d’évaluation du poids du bébé dans les jours précédant l’accouchement et au moment de l’accouchement, peut-on lire dans la poursuite.

Long procès en vue

Au moins 25 témoins seront entendus dans cette affaire, de part et d’autre.

Les parents demandent 850 000$ en dommages pour leurs fils, en soins futurs et en perte de capacité de gains.

Pour eux-mêmes, ils réclament 595 000$, notamment en dommages et en pertes de revenus.

Les médecins se défendent

Les médecins et l’hôpital ne sont pas d’accord avec cette version des faits présentée par les parents. Chacun des cinq médecins a déposé sa propre défense, de même que l’hôpital. Ils présenteront à eux seuls, pour leur défense, au moins 19 témoins.

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