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Comment empêcher les enseignants de décrocher?

On entend souvent parler du décrochage chez les élèves, mais c'est aussi un phénomène qui touche les enseignants. Ces dernières années, les commissions scolaires de la province ont d'ailleurs développé des programmes pour accompagner les nouveaux enseignants. Marie-Soleil Désaulniers, une enseignante de l'école primaire de Saint-Élie-de-Caxton, s'est penchée sur l'efficacité de ces mesures.

Pour son mémoire de maîtrise, Marie-Soleil Désaulniers s'est intéressée aux premières années d'implantation du programme de mentorat à la Commission scolaire de l'Énergie, en Mauricie.

Son travail de recherche lui a permis de constater que la réussite de l'insertion des enseignants passe par l'implantation de plusieurs mesures. Le mentorat à lui seul n'est pas suffisant.

De plus, l’enseignante à l’école primaire de Saint-Élie-de-Caxton constate que plusieurs mesures, comme c'est le cas pour le mentorat, sont difficiles à implanter.

Le professeur en sciences de l'éducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières Stéphane Martineau a étudié la question.

« Pour une commission scolaire ou un établissement scolaire, mettre en place des mesures de soutien, ce n’est pas simple et pas nécessairement facile à les faire connaître et qu'on puisse impliquer les membres de la commission scolaire », dit-il.

Il affirme que plus que le salaire, les conditions de travail jouent pour beaucoup dans la décision des nouveaux enseignants de quitter la profession.

Stéphane Martineau affirme que les Commissions scolaires sont plus sensibles qu’avant au problème du décrochage des enseignants, mais qu’il reste du travail à faire.

Sur 72 commissions scolaires au Québec, une trentaine ont développé des programmes d'insertion professionnelle pour les nouveaux enseignants. Celles de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont emboîté le pas au milieu des années 2000.

Quitter la profession

Avant de se joindre officiellement à l'entreprise familiale, Robin Lapointe était enseignant au secondaire. En 12 ans d'enseignement, il n'a jamais décroché de poste.

Il aimait son emploi et ses collègues, mais après sept ans, il a vu ses conditions de travail se dégrader.

« Tout à coup, les contrats ont commencé à être de moins en moins intéressants », raconte-t-il.

Il a alors décidé de quitter l'enseignement pour prendre la relève de la pépinière de ses parents, à Saint-Mathieu-du-Parc.

Après 13 ans d'enseignement au secondaire, Julie Poliquin a aussi quitté la profession et a ouvert une boulangerie à Shawinigan. Sa première expérience à la Commission scolaire de Montréal en tant que suppléante a été difficile, se souvient-elle.

C'est en Mauricie qu'elle a ensuite poursuivi sa carrière, au Séminaire Ste-Marie, à Shawinigan, un établissement secondaire privé. L'accueil chaleureux de l'équipe et les conditions de travail plus faciles que dans la métropole n'auront cependant pas suffi à la convaincre de rester dans le domaine.

Julie Poliquin et Robin Lapointe ont encore en eux la flamme de l’enseignement. Julie Poliquin a participé à un atelier du Club des petits débrouillards et Robin Lapointe a créé un parcours historique destinés aux élèves du primaire dans un labyrinthe aménagé sur le site de la pépinière.

D'après les informations de Marie-Pier Bouchard

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