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Commission Viens : la SQ ne doit pas se défiler, dit Ghislain Picard

Réunis à Trois-Rivières, les chefs de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) discutent d'enjeux divers. La commission Viens sur la relation entre les Autochtones et certains services publics est à l'ordre du jour. La Sûreté du Québec, qui devait initialement témoigner mardi, a repoussé son témoignage, ce qui fait sourciller Ghislain Picard.

Un texte de Marie-Ève Trudel

La Sûreté du Québec ne doit pas se défiler : c'est une question de confiance entre les policiers et les communautés autochtones, croit le chef de l'Assemblée.

Le chef de l'APNQL dit avoir eu « quelques entretiens » à ce sujet avec le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme.

« Il y a eu une démonstration d'ouverture, dit Ghislain Picard. La Sûreté s'est engagée à ne pas se défiler d'une présence nécessaire et je dirais même incontournable de leur part pour aider aux travaux de la Commission ».

La SQ ne commente pas

La commission Viens devait initialement entendre la Sûreté du Québec mardi lors de la séance de travail.

Le corps de police provincial a finalement remis son témoignage à l'automne, sans plus d'explications. La porte-parole, Ingrid Asselin, explique qu'aucune information ne sera transmise sur les travaux de la commission et que la Sûreté du Québec ne commentera pas le report du témoignage.

« Si c'est à l'automne, c'est tant mieux, dit pour sa part Ghislain Picard. Nous, on aura des choses à dire à ce moment-là aussi, beaucoup plus substantielles que ce qu'on a présenté à la commission la semaine dernière ».

La commission a été mise en place après les révélations par l'émission Enquête des allégations de sévices sexuels, d'abus et d'intimidation par des policiers de la SQ de Val-d'Or à l'endroit de femmes autochtones.

« Je ne pense pas qu'on puisse trouver dans le mandat de la commission un prétexte pour noyer en quelque sorte ce qui est à l'origine de tout ça, les dénonciations, les enquêtes par le SPVM, le rapport du DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales] », énumère-t-il.

La question pourra d'ailleurs être discutée avec le procureur en chef de la commission Viens, Christian Leblanc, qui est attendu à l'assemblée générale de l'APNQL mardi.

Au tour des Atikamekw de se faire entendre

Par ailleurs, le grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Constant Awashish, sera à Val-d'Or lundi pour témoigner à son tour aux audiences de la commission.

Il représente les nations atikamekw de Manawan, d'Opitciwan et de Wemotaci.

S'il admet avoir des attentes au terme des travaux de la commission d'enquête, il avoue nourrir certaines craintes quant à l'application des recommandations.

« Au bout de la ligne, ce qui en résulte souvent, ce sont des recommandations qui ne sont pas nécessairement respectées, dit Constant Awashish. On a quand même des attentes, de l'espoir, mais on s'est fait faire mal trop souvent, donc on est méfiant un peu ».

Lundi, il entend faire valoir ce qu'il décrit comme étant de la discrimination et du racisme systémique.

Il voit sa contribution à la commission comme une occasion de sensibiliser la population.

« C'est de reconstruire les ponts entre les Premières Nations et la population en général; c'est de faire tomber les barrières, les préjugés, les peurs, la méfiance, l'ignorance », conclut le grand chef du Conseil de la nation atikamekw.

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