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Comportements alimentaires à risque chez les athlètes

À l'aube des Jeux olympiques de Pyeongchang, la pression est forte sur les sportifs. Le sommeil, les entraînements et l'alimentation sont programmés. Le sujet est tabou, mais pourtant les troubles alimentaires chez les athlètes sont bien présents et ils préoccupent.

Un texte de Claudie Simard

Surveiller son alimentation, se peser, calculer : des gestes routiniers pour les athlètes en quête de performance.

Cependant, ces contraintes liées au sport de haut niveau peuvent les mener à créer un enjeu par rapport à l’alimentation.

C’est ce qu’explique Marilou Ouellette, doctorante en psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Elle effectue des recherches sur les troubles alimentaires et coordonne le Loricorps, un laboratoire de recherches sur les troubles alimentaires.

Elle ajoute qu’il y a plus de comportements alimentaires inappropriés dans la population sportive que dans la population en général.

Combien d’athlètes vivent avec des troubles du comportement alimentaires? Difficile à dire, mais Marilou Ouellet confirme que plusieurs études réalisées à ce sujet démontrent que les sportifs sont une population à risque et qu’il y a un enjeu à aborder.

Elle cite en exemple une étude réalisée en 2004, qui stipule que 42 % des athlètes élites féminines étant engagées dans un sport à visée esthétique, par exemple la gymnastique ou le patinage artistique, sont à risque de développer un trouble du comportement alimentaire (TCA) puisqu'ils présentent des attitudes et comportements alimentaires malsains.

Un intérêt grandissant

Les institutions sont de plus en plus conscientes de l’enjeu que représentent les troubles alimentaires, selon Sébastien Rojo, chargé de cours en éducation à l’UQTR et aussi membre du Loricorps.

Auparavant, « on avait une vision très cartésienne de la performance, l’aspect psychologique et social derrière n’était pas forcément pris en compte » affirme-t-il.

Il poursuit : « maintenant avec les psychologues sportifs il y a beaucoup plus de choses qui sont prises en compte, mais par contre, d’autres troubles ne sont pas forcément détectés ».

Avec ses collègues du Loricorps, il travaille à développer un programme de prévention pour les comportements qui sont inappropriés en termes d’alimentation et qui pourrait mener vers des troubles plus sévères.

Le but est de le mettre en place dans certaines institutions collégiales, car « plus la prévention est précoce, plus on aura un impact sur le développement de certains troubles » dit-il.

Reconnaître les symptômes d’un TCA

Contrairement à d’autres troubles de santé mentale, les symptômes d’un TCA sont variés et il est peu recommandé de les énumérer. Les professionnels veulent d’une part éviter de donner des idées à ceux qui en souffrent, ou les aider à camoufler ces signaux.

Ce sont les sources de motivation qui importent, selon Sébastien Rojo.

« Si des comportements sont obsessifs, on peut se questionner sur les intentions qui m’amènent à être obsessif », conclut-il.

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