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Contrôler le déficit d'attention sans médication, est-ce possible?

Une solution alternative ou complémentaire à la médication pour contrôler des troubles de déficit de l'attention chez les enfants est offerte à Trois-Rivières depuis quelques mois. Des traitements de neurofeedback permettent à ces jeunes d'apprendre à mieux se concentrer. Toutefois, certains psychologues restent encore prudents.

Le neurofeedback est un entraînement cognitif qui modifie l'activité électrique du cerveau de l'enfant afin de permettre une meilleure concentration. Il est placé devant un ordinateur, puis on installe des électrodes sur sa tête. On lui demande ensuite de sélectionner une musique et une vidéo de son choix. Lorsque l'enfant perd sa concentration, la vidéo et la musique deviennent saccadées, ce qui le force à retrouver sa concentration.

« On va apprendre à la personne avec des technologies spécialisées à entraîner son cerveau, à entraîner ses facultés d'attention, explique la neuropsychologue et membre de l'ordre des psychologues du Québec, Isabelle Bourgault. La personne va prendre conscience de ce que c'est, être attentif, et va le reproduire dans son quotidien. »

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le neurofeedback n'est pas nouveau. Dans les années 1960, la technologie était utilisée pour traiter l'anxiété et le stress. La nouveauté, c'est qu'elle sert, depuis quelques années au Québec, à traiter les troubles de déficit de l'attention.

Pour modifier les activités électriques d'un cerveau, il faut compter jusqu'à 60 séances de neurofeedback, ce qui peut représenter un investissement de 4000 à 6000 $.

En entrevue à Chez nous le matin, les neuropsychologues Isabelle Bourgault et Martin Pearson ont donné plus de détails sur le neurofeedback.

Preuves scientifiques insuffisantes

Dans le monde de la psychologie, certains professionnels soulèvent le fait qu'il n'existe pas suffisamment d'études sur le sujet pour prouver, hors de tout doute, que le neurofeedback fonctionne.

« L'utilisation du neurofeedback, les machines en tant que telles, n'ont pas toutes le même niveau de performance, explique le psychologue Martin Pearson. Ce n'est pas réglementé. N'importe qui peut se procurer une machine et faire du neurofeedback. »

Martin Pearson n'est toutefois pas fermé à l'idée de l'utiliser un jour, quand davantage d'études seront disponibles sur le sujet.

La Dre Johanne Lévesque, qui a été la première à utiliser le neurofeedback au Québec, partage la même inquiétude au fil des années. « Même si moi, je le pratique avec des normes très, très strictes, ce n'est vraiment pas le cas de tous ceux qui pratiquent au Québec », explique-t-elle.

Le plus sage reste donc de s'assurer de consulter un professionnel qui soit membre d'un ordre.

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