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Coupes de bois en territoire atikamekw : le jugement est attendu mercredi

Les Atikamekw d'Opitciwan sauront mercredi si leurs efforts pour protéger une bonne partie de leur territoire forestier auront porté fruit, alors qu'un jugement sera rendu à propos d'une demande d'injonction déposée la semaine dernìère contre l'entreprise Rémabec.

Le dossier, qui s'articule autour des droits de coupe de Rémabec sur une parcelle de terrain appartenant principalement à la famille Weizineau, porte en majeure partie sur le ramassage des chablis.

En entrevue téléphonique avec Espaces autochtones, le chef des Atikamekw d'Opitciwan, Christian Awashish, explique que ce terme, qui définit un arbre déraciné et tombé au sol pour diverses raisons, ne fait pas consensus entre les Atikamekw, d'un côté, et les représentants du gouvernement du Québec et de Rémabec, de l'autre.

« Un peu à notre insu, le gouvernement a annoncé, le 28 juin, son intention d'autoriser la récupération des chablis », mentionne M. Awashish.

Selon lui, la notion de chablis n'est pas claire. « La façon d'évaluer si un arbre est incliné, déraciné ou mort est très discrétionnaire. D'autant plus que le gouvernement a estimé que dans une zone comportant plus de 33 % d'arbres tombés ou inclinés, il était possible de procéder au ramassage. »

S'il y a effectivement eu des consultations avec les Atikamewk à propos de l'exploitation « normale » de la forêt, la famille touchée par ce nouveau plan n'a pas été avisée des intentions de Québec avant l'octroi du permis à Rémabec, souligne le chef Awashish.

Le plan 2017-2018 de Rémabec prévoit un déboisement de l'ordre de 200 000 mètres cubes de bois.

Protéger les activités traditionnelles

Comme l'explique le chef Atikamewk, la compagnie forestière serait ouverte à l'idée de suspendre ses activités, mais seulement en échange d'une compensation financière.

Et pendant que le processus judiciaire suit son cours, les activités de coupe et de ramassage, elles, se poursuivent, indique M. Awashish.

« Les machines sont déjà sur place, la compagnie a peur de perdre de l'argent » si l'injonction est accordée, poursuit le chef Atikamewk.

« On veut absolument que le territoire soit protégé », renchérit-il. La demande d'injonction réclame l'arrêt immédiat des travaux de Rémabec jusqu'au 8 septembre.

Parlant d'un « cri du coeur » lancé par les familles de la région, M. Awashish reconnaît que les options seront limitées si la Cour supérieure donne raison au gouvernement et à Rémabec.

« C'est un dossier très complexe... Le juge doit décider s'il permet de sauver un territoire utilisé pour des activités traditionnelles, ou s'il fait en sorte que [Rémabec] ne perde pas d'argent, puisque l'équipement est déjà sur place. »

Que se passerait-il, alors, en cas de défaite ?

« Les familles pourraient aller protéger le territoire sur place avec les risques que cela comporte », conclut le chef Awashish.

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