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Coupes de bois : les Atikamekw obtiennent gain de cause contre Rémabec

Bonne nouvelle pour les Atikamekw d'Obedjiwan, mercredi, alors que la Cour supérieure du Québec leur a accordé l'injonction réclamée contre le gouvernement du Québec et l'entreprise forestière Rémabec.

« C'est une grande victoire pour la sauvegarde de notre culture et de nos activités ancestrales », s'est exclamé le chef Christian Awashish, joint au téléphone peu de temps après le prononcé du jugement.

Opposés à Québec et à Rémabec dans cette affaire, les Atikamekw réclamaient la suspension immédiate des travaux de coupes sur leur territoire d'Obedjiwan, en Haute-Mauricie.

Ces travaux de coupe sont maintenant reportés au 15 septembre, au plus tôt.

Le cœur du litige porte sur l'absence de consensus autour de la notion de chablis, un terme qui définit habituellement des arbres déracinés ou tombés en raison de divers facteurs.

Selon les Atikamekw, Québec a annoncé sans crier gare, le 28 juin, que Rémabec disposait d'un permis pour ramasser tous ces chablis, mais aussi les arbres se trouvant dans une partie de la forêt où la proportion de bois mort atteignait à peine 33 %.

« Le gouvernement du Québec n'a pas respecté ses obligations de consultation », a rappelé le chef Awashish après l'annonce du jugement.

La Cour supérieure lui a d'ailleurs donné raison sur ce point.

M. Awashish mentionne ainsi que la magistrature a tranché entre « une situation visant la sauvegarde de la forêt à des fins d'activités traditionnelles » et de possibles pertes financières pour Rémabec.

Qu'adviendra-t-il, au fait, de ces revendications financières de la part de l'entreprise, dont la machinerie se trouve déjà sur place ?

« Le gouvernement est en mesure de compenser [Rémabec] », lance le chef Awashish.

Celui-ci précise également que la compagnie peut de toute façon procéder au ramassage du bois déjà coupé qui se trouve sur place.

Pour la suite des choses, les Atikamekw d'Obedjiwan consulteront des spécialistes et des scientifiques pour se pencher sur la question de l'exploitation des chablis, toujours dans une perspective de préservation des activités traditionnelles.

Chez Greenpeace, on se dit soulagé que la cour ait accordé l'injonction, « mais il reste que notre gouvernement doit prendre son devoir de consultation au sérieux avant d'accorder des autorisations de coupes forestières aux compagnies », a déclaré Olivier Kolmel, responsable de la campagne Forêt au sein de l'organisme.

« Pour un pays signataire de la Déclaration des Nations unies sur les droits autochtones, il est d'autant plus important de respecter le consentement préalable, libre et éclairé lorsqu'on discute de communautés autochtones », conclut-il par voie de communiqué.

Le plan 2017-2018 de Rémabec prévoit un déboisement de 200 000 mètres cubes de bois.

Au moment d'écrire ces lignes, Rémabec n'avait pas répondu à une demande de commentaire sur cette affaire.

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