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D’autres traces de corrosion sur le pipeline

Radio-Canada a appris qu'Énergie Valero est une fois de plus obligée de déterrer des sections de son pipeline pour effectuer des interventions préventives. Le but de l'opération est de faire échec à la corrosion.

La conduite d'environ 250 kilomètres relie la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis au terminal de la compagnie dans l'est de Montréal.

Après être intervenue sur son pipeline dans une douzaine de municipalités en 2015, notamment dans le Centre-du-Québec, Énergie Valero sort de nouveau les pelles mécaniques.

Encore une fois, ces travaux sont rendus nécessaires après la découverte de corrosion sur l'ouvrage reliant Montréal et Lévis. « Dans nos inspections, il y a des signes qui porteraient à croire qu'il y aurait des traces de corrosion, oui, mais on parle vraiment d'un impact marginal. On voit surtout un potentiel et c'est là qu'on décide d'intervenir », indique le directeur des affaires publiques chez Énergie Valero, Louis-Philippe Gariépy.

En service depuis 2012, le pipeline achemine des produits pétroliers raffinés comme l'essence, le diesel et le mazout domestique. La conduite, qui a coûté 300 millions de dollars à construire, traverse une trentaine de municipalités.

Nouvellement établie à Saint-Agapit, Jeanine Beaupré ignorait que l'ouvrage passait près de chez elle et que des travaux devaient être effectués. « Je n'étais pas au courant de cela. J'ai vu les lumières cette nuit. Qu'il y ait de la rouille, moi je ne suis pas propriétaire de la terre en arrière, mais ça ne me rassure pas! », affirme la femme.

Contrairement à l'an dernier où des travaux avaient été réalisés à l'insu de certains élus, notamment dans la municipalité de Dosquet, cette fois la compagnie semble avoir avisé l'ensemble des maires des territoires visés par ses interventions. C'est ce que nous confirme la mairesse de Saint-Agapit. Elle a toutefois refusé de nous accorder une entrevue.

Aucun danger à l’horizon, selon la compagnie

Énergie Valero tient à rassurer la population. La compagnie affirme que ses interventions permettront de corriger ce problème de corrosion imputable, selon elle, à la présence de lignes à haute tension.

« Concrètement, c'est l'installation d'un ruban de zinc le long de certaines portions de la conduite qui permet de dévier les ondes qui sont générées par la présence de lignes à haute tension », précise Louis-Philippe Gariépy d'Énergie Valéro.

Des explications réclamées

« On aimerait des explications officielles sur ce qui se passe réellement », affirme la directrice du Conseil régional de l'environnement du Centre-du-Québec (CRECQ), Isabelle Bonsant.

Malgré ce discours rassurant, le CRECQ veut en effet savoir pourquoi le pipeline a été implanté à cet endroit s'il y avait des risques de corrosion et quel est l'état exact de la situation. « Il n’y a rien de pire que la machine à rumeurs qui peut s'emballer dans les circonstances. Est-ce qu'on pense qu'il y'a des fuites, non je ne pense pas que c'est là, mais par contre il y a des problèmes. Est-ce qu'ils peuvent partager avec nous ce sur quoi ils enquêtent en ce moment? Parce que manifestement ils n'avaient pas prévu ce qui arrive », déplore madame Bonsant.

Les municipalités du Centre-du-Québec ne sont pas seules, Énergie Valero doit bientôt effectuer des travaux similaires à Sainte-Julie. Ceux-ci doivent être complétés à la mi-décembre.

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