Retour

De Denver à Sainte-Anne-de-Beaupré : rencontre avec une pèlerine d’hiver à Trois-Rivières

Ann Sieben préfère marcher l'hiver. Cette femme de 52 ans fait un pèlerinage dans le froid chaque année depuis neuf ans. Mercredi, elle a traversé la Ville de Trois-Rivières, en plein blizzard.

Un texte de Claudie Simard

La pèlerine des États-Unis a quitté Denver au Colorado le 1er novembre pour se rendre à pied à Sainte-Anne-de-Beaupré, dans la Capitale-Nationale.

Ann Sieben souhaite arriver au sanctuaire à Pâques. Son parcours compte près de 5000 kilomètres qu'elle espère compléter en 5 mois.

Elle marche près de 40 kilomètres par jour, presque l'équivalent d'un marathon.

« Je préfère en hiver, dit-elle, en été quand il fait très chaud, je préfère rester à l'ombre et boire une bière! »

La quinquagénaire commence sa marche quand le jour se lève et le soir venu, elle présente son passeport de pèlerine au presbytère de la ville où elle se trouve.

Hospitalité catholique

Marchant d'un lieu sacré à l'autre sans argent, elle demande l'hospitalité aux presbytères catholiques sur son passage. Elle se fie sur le réseau de l'Église catholique et sur les valeurs chrétiennes pour qu'on lui offre un endroit où dormir, et un bon repas chaud.

« Les gens m'aident, car ils ont confiance et la confiance, c'est la fondation de la foi », explique-t-elle.

C'est une femme croyante qui estime que les pèlerinages constituent la façon la sécuritaire pour elle de voyager. Elle ne transporte rien qui ait de la valeur et s'oriente avec des cartes en papier, et non des appareils électroniques.

Pour affronter la rudesse de l'hiver, elle n'a pas d'équipements particulièrement avancés; seulement de bons vêtements adaptés, des bâtons de marche et des crampons sous ses bottes.

Une deuxième vie

Femme de carrière, Ann Sieben raconte qu'elle était autrefois ingénieure nucléaire.

Sans enfant ni mari, l'Américaine a pris une année sabbatique il y a dix ans pour faire un premier pèlerinage. Elle n'est finalement jamais revenue à sa vie professionnelle.

Ses pieds l'ont entre autres mené de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne jusqu'à Jérusalem, au Proche Orient.

Elle a traversé une quarantaine de pays et affronté plusieurs dangers.

La tempête ne me fait pas peur, dit-elle, les crocodiles du Honduras étaient de bien pires ennemis.

Mais elle ajoute qu'un bon café fait toujours du bien et qu'elle est toujours disposée à s'en faire offrir un. Noir et sans sucre de préférence. Vous aurez toute sa gratitude.

Plus d'articles

Commentaires