La mort d'une femme retrouvée dans sa résidence de Victoriaville au début de la semaine provoque une onde de choc à l'Hôtel-Dieu-d'Arthabaska. La femme en question était médecin à l'hôpital et selon nos informations elle aurait mis fin à ses jours.

Un texte d'Amélie Desmarais

La Sûreté du Québec confirme que les policiers ont été appelés le 9 avril à 10 h 15 dans une résidence de Victoriaville à la suite de la mort d'une femme.

Une enquête du coroner est en cours pour déterminer les causes et circonstances des événements. Le coroner et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec se font toutefois avares de commentaires.

Aucune source officielle ne confirme le suicide, toutefois le personnel de l'Hôtel-Dieu-d'Arthabaska a été informé de la situation.

Le CIUSSS confirme que du soutien a été offert aux équipes par la présence de personnes significatives sur les lieux de travail, de services psychosociaux et par le biais des programmes d'aide.

Cet événement malheureux ramène à l'avant-plan toute la question de la détresse chez les médecins. Ils sont de plus en plus nombreux à avoir eu recours à un soutien ponctuel du programme d'aide aux médecins au Québec (PAMQ).

Les plus récentes statistiques du PAMQ font état d'une hausse de 40 % des demandes d'aide en 2016-2017 par rapport à l'année précédente. En tout, 701 médecins y ont eu recours.

Le président de la l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie, Dr Pierre Martin, affirme que le niveau de stress et de détresse est élevé chez ses collègues, particulièrement depuis l'application des lois 10, 20 et 130 ainsi que dans le contexte du débat sur la rémunération des médecins.

« Des menaces de loi, des menaces de couper des rémunérations. On en a mis pas mal sur le dos des médecins et [...] effectivement pour certains c'était mal vécu », ajoute-t-il.

Il invite toutefois à la prudence avant de tirer des conclusions. « Les médecins, les infirmières, les gestionnaires, c'est des êtres humains et ils ont effectivement des difficultés sur le plan professionnel, mais ils ont aussi des difficultés dans la vie de tous les jours », explique-t-il.

« Ça peut être un membre de la famille qui est malade qui demande plus de soins, ça peut être une difficulté avec les enfants. La vie aujourd'hui c'est difficile. »

Le Dr Pierre Martin souhaite passer un message aux gens qu'il côtoie qu'ils soient infirmiers, médecins ou autres : « si vous êtes en détresse, parlez-en! »

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