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De préposée aux bénéficiaires à camionneuse

Après 10 ans à la maison pour s'occuper de ses quatre enfants, une femme de Saint-Célestin, au Centre-du-Québec, a décidé de devenir préposée aux bénéficiaires. Une carrière qui n'aura duré que deux ans. Les conditions de travail difficiles ont poussé Valérie Leblanc à retourner sur les bancs d'école pour devenir...camionneuse.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Valérie Leblanc aimait son rôle de préposée aux bénéficiaires et dit s’ennuyer de ses « petites personnes âgées », mais elle n’en pouvait plus de l’ambiance de travail, raconte-t-elle.

« Travailler avec des femmes, c'est extrêmement difficile pour moi. J'ai réalisé que je n'aimais pas l'ambiance de travail dans un CHSLD, ni dans une résidence privée », raconte-t-elle.

À la fin de sa formation de quatre mois, son objectif était de travailler en équipe avec son conjoint qui est déjà camionneur.

La majorité des femmes qui décident de devenir camionneuses sont des mères de famille, comme Valérie, qui réorientent leur carrière, selon ce qu’observent les enseignants du Centre de formation en transport de Charlesbourg, qui offre des cours à Saint-Germain-de-Grantham, au Centre-du-Québec.

Lise Courchesne, 59 ans, fait partie de ces rares femmes qui ont trouvé leur voie derrière le volant d’un camion lourd.

Après 26 ans comme agricultrice et à quelques semaines de terminer sa formation, elle rêve de voyager aux États-Unis et d’apprendre l’anglais.

Les femmes sont toujours sous-représentées chez les camionneurs. Selon les plus récentes données de Statistique Canada, qui datent de 2011, la proportion de femmes chez les conducteurs de camions de transport au pays est de seulement 3 %.

Pourtant, les femmes se démarquent dans les cours, observe André Dion, qui enseigne le métier de camionneur depuis 27 ans.

Dans un contexte de pénurie de personnel dans l’industrie, le Comité sectoriel de main-d’oeuvre de l’industrie du transport routier au Québec, Camo-Route, est préoccupé.

Selon le directeur général de Camo-Route, Bernard Boulé, l’industrie ne peut se passer des femmes.

Avec un taux de placement de plus de 90 % et près de 2000 offres d’emplois dans l’ensemble du Canada, Valérie Leblanc et Lise Courchesne auront certainement l’embarras du choix au terme de leur formation.

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