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Débat : faut-il donner des devoirs aux enfants?

La rentrée scolaire signale le retour des enfants en classe, mais aussi la reprise des devoirs que les enfants doivent faire à la maison, le soir, au grand désarroi de certains d'entre eux et de leurs parents qui tentent tant bien que mal de les aider.

Un texte de Louis Mills

Le sujet a fait l'objet d'une discussion mardi à l'émission Format libre de Radio-Canada Acadie.

La pertinence des devoirs fait consensus même si les participants ne s'entendent pas tous sur la façon de les donner.

« C'est une part importante en effet [de la formation de l'enfant], affirme Marc Arseneau, de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du N.-B. Il ne faut pas oublier que les devoirs, ça permet de consolider les apprentissages d'au courant de la journée. »

« Les devoirs oui, oui parce que c'est bon pour la réussite scolaire, mais pas n'importe comment », renchérit Thierry Karsenti, professeur à la Faculté de l'éducation de l'Université de Montréal.

Les recherches démontrent, dit-il, que les devoirs sont un des facteurs les plus liés à la réussite des élèves. Mais il doit y avoir une concertation entre enseignants, ajoute-t-il, pour éviter que la tâche devienne trop lourde pour les enfants, ce avec quoi Marc Arseneau se dit d'accord.

Une surcharge pour les élèves?

La surcharge est une réalité pour de nombreux élèves, déplore Anthony Azard, nouvellement diplômé de L'École secondaire Népisiguit de Bathurst et secrétaire-trésorier de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

« Quand on commence à les compiler [les devoirs et autres activités des élèves], c'est sûr que ça fait une surcharge autant sur nos épaules, mais aussi une charge émotionnelle. Ça rajoute du stress, ça rajoute un côté que bon, on arrive au bout des fois et on se retrouve épuisé. »

Il regrette que la notion de devoirs, au niveau secondaire, n'englobe pas d'autres activités formatrices auxquelles se livrent les élèves, comme certaines activités parascolaires ou l'engagement dans la communauté.

Des parents parfois démunis


Pour sa part, Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, souligne que bien des parents se sentent démunis face aux devoirs que rapportent leurs enfants.

« Ça peut être un défi pour certains parents parce que les méthodes ont tellement changé. On prend juste la mathématique, on ne calcule plus de la même façon [rire], on arrive au même résultat, mais le chemin est différent », affirme-t-elle.

Ces devoirs peuvent même devenir une source de conflit entre les parents et leurs enfants lorsque ces derniers ont des troubles d'apprentissage ou de comportement.

Les recherches démontrent effectivement, reconnaît Thierry Karsenti, que les devoirs peuvent mener à des conflits. Mais dans le cas des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, il est d'autant plus important de les donner, dit-il.

La solution, selon lui, consiste à imposer des devoirs avec modération. Un élève de 6e année, par exemple, ne devrait pas y consacrer plus d'une demi-heure par soir. Et les enseignants doivent veiller à ce qu'ils ne soient pas trop difficiles. Si les parents doivent obligatoirement s'en mêler, c'est que les devoirs sont peut-être trop compliqués, à son avis.

La technologie

Les participants à cette discussion ont souligné l'utilité de la technologie pour faciliter les devoirs. En plus d'avoir un côté ludique qui plaît aux élèves, les outils électroniques donnent accès, autant aux élèves qu'aux parents, à une foule de ressources qui peuvent grandement faciliter la réalisation des devoirs.

Seule réserve : l'accès à ces outils est inégal entre les élèves et les écoles. Des élèves n'ont toujours pas Internet à la maison, ont souligné des participants. Ils peuvent toutefois se rabattre, même si la solution n'est pas parfaite, sur les ordinateurs de leur école.

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