Le procès au civil intenté par Yvon Carignan contre la Maison Carignan, un centre de thérapie pour les gens aux prises avec des dépendances qu'il a fondé et dirigé pendant une vingtaine d'années, s'est ouvert mardi au palais de justice de Trois-Rivières. Au coeur de cette affaire : l'éthique et la gouvernance de l'organisme à but non lucratif.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Congédié en 2014 par le conseil d’administration, Yvon Carignan estime toujours que cette décision était injustifiée et il réclame 840 000 $ à l’organisation.

Dans cette poursuite déposée au civil, il demande aussi à être réintégré comme directeur général après avoir été débouté par le tribunal administratif de la Commission des normes du travail.

Le conseil d’administration affirmait à l’époque avoir noté des irrégularités administratives pour justifier le congédiement de M. Carignan au terme de vérifications menées par la firme Deloitte.

Or, ce dernier dit ne jamais avoir vu le rapport en question et affirme ignorer encore aujourd'hui les raisons qui ont poussé les membres du conseil d’administration à prendre une telle décision.

La comptabilité

Au cours de cette première journée d’audience, il a notamment été question de l’implication de M. Carignan dans la comptabilité de la maison de thérapie.

Il a affirmé qu’il n’avait pas d’intérêt dans cet aspect de la gestion et qu’il a toujours délégué le tout à des gens de confiance. Yvon Carignan a cependant mentionné qu’il assurait une surveillance des finances.

Lors du contre-interrogatoire, mené par Catherine Gendron, avocate de la compagnie d’assurances de la Maison Carignan, Yvon Carignan a entre autres admis qu'à l'époque où il était directeur général, l’organisme a prêté de l'argent à des bénéficiaires ainsi qu’à des employés au cours de l’année 2013.

En tout, neuf jours sont prévus pour le procès. Des témoins seront entendus à compter de mercredi, dont d’anciens membres du conseil d’administration.

Réaction de la Maison Carignan

Par voie de communiqué, le conseil d’administration actuel de la Maison Carignan a tenu à mentionner que cette démarche judiciaire n'affectait pas les services offerts au centre de thérapie.

« Notre unique objectif est de venir en aide aux personnes souffrant de dépendance. Notre centre de thérapie vise à aider les individus à résoudre les difficultés qu’engendre la surconsommation d’alcool, de drogue ou de médicaments. Notre approche thérapeutique se veut également une sensibilisation à propos des conséquences de ce fléau », mentionne le président du conseil d’administration, Pierre Picotte.

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