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Début du procès de Patrick Chabot, accusé de voie de faits contre des élèves déficients

Le procès d'un ancien intervenant auprès de jeunes déficients intellectuels de l'école secondaire Val-Mauricie, Patrick Chabot, s'est ouvert lundi au palais de justice de Shawinigan. L'homme a été accusé en 2013 de voies de fait envers sept élèves de cette école.

Les gestes qu'il aurait commis auraient tous eu lieu entre septembre 2010 et mars 2012. À l'époque, les jeunes, qui présentent tous une déficience intellectuelle, étaient âgés de 16 ans à 20 ans.

L'accusé âgé de 45 ans a plaidé non coupable en 2015.

Nature des gestes

Deux anciennes collègues de Patrick Chabot ont témoigné durant cette première journée de procès. Selon une enseignante qui surveillait les dîners à l'époque, Lise Lambert, Patrick Chabot « s'amusait de façon inadéquate » avec une des élèves.

Selon ce qu'elle a raconté au juge, l'intervenant lui faisait volontairement faire le saut et apposait parfois son index sur l'épaule de l'élève, provoquant sa chute, elle qui avait un équilibre fragile. 

Fâchée, elle essayait de ramper et de s'agripper à la cheville de Patrick Chabot, mais celui-ci faisait exprès pour se reculer et rire, a-t-elle témoigné.

Toujours selon Mme Lambert, l'intervenant n'hésitait pas à se servir dans les cabarets de nourriture des élèves. À un certain moment, il aurait bu le berlingot de lait de l'élève dont il s'occupait, alléguant qu'elle n'en buvait pas.

Trouvant la situation injuste, la surveillante serait elle-même allée chercher un autre berlingot à l'élève, que cette dernière aurait bu. 

Pour Lise Lambert, il s'agit du geste qui a fait « déborder le vase » et qui l'a décidé à dénoncer par courriel cette situation « qui perdurait depuis des mois ». La directrice générale adjointe lui aurait dit par la suite lors d'une rencontre que la situation allait changer.

L'éducatrice spécialisée, Jane Lajoie, a quant à elle témoigné par visioconférence qu'elle aurait vu l'intervenant pousser un élève. L'accusé aurait ensuite mis ses jambes de chaque côté du corps de l'élève qui était tombé, et aurait tenu ses mains au-dessus de sa tête.

Suspendu en 2013

La directrice adjointe aux services éducatifs de l'époque, Martine Allard, a également témoigné. Même si elle n'a été témoin d'aucun des gestes qui sont reprochés à Patrick Chabot, elle affirme qu'il a été suspendu en décembre 2013 à la suite de soupçons qui ont mené à une enquête interne.

Une enquête externe avait aussi été confiée à l'enquêteur Raynald Dufour étant donnée que le climat de travail s'était dégradé et que l'équipe de travail avait commencé à dénoncer par courriel et de vive voix des gestes qu'aurait posés Patrick Chabot.

La procureure de la Couronne compte faire entendre une douzaine de témoins. Le procès se poursuit mardi au palais de justice de Shawinigan.

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