Retour

Décès de Sylvie Roy : « Elle avait le dossier de l'intégrité tatoué sur le coeur »

La députée indépendante d'Arthabaska Sylvie Roy est morte dimanche, entourée des siens, à l'hôpital l'Enfant-Jésus de Québec, où elle était hospitalisée depuis le début du mois dernier.

Elle est décédée d'une hépatite aiguë, a confirmé lundi le Centre hospitalier universitaire de Québec. On ne sait toutefois pas de quel type d'hépatite elle souffrait.

Dimanche, dans un communiqué sur sa page Facebook et son compte Twitter, le bureau de circonscription de la députée avait indiqué qu'elle avait été hospitalisée pour un « sérieux malaise ».

Sylvie Roy laisse dans le deuil ses enfants Michel et Estelle, sa mère Monique Jacob, son beau-père Jean Morissette, sa sœur Nathalie, son ex-conjoint Réal Croteau, son personnel politique, ses électeurs, ainsi que plusieurs collègues et amis.

Le drapeau du Québec a été mis en berne sur la tour centrale de l'hôtel du Parlement, à Québec. Le bureau de la circonscription d'Arthabaska sera fermé pour les prochains jours. 

Son parcours politique

Avocate de formation, Sylvie Roy oeuvre d'abord auprès de plusieurs organismes communautaires de la région de la Mauricie. Elle devient ensuite mairesse de Sainte-Sophie-de-Lévrard de 2000 à 2003. Durant cette première période de sa vie politique, elle s'implique dans divers domaines comme le transport collectif et l'aménagement du territoire.

Elle a été élue pour la première fois députée de l'Action démocratique du Québec (ADQ) dans la circonscription de Lotbinière aux élections générales du 14 avril 2003. Elle a remporté la bataille dans cette circonscription deux autres fois avec les couleurs l'ADQ, en mars 2007 et en décembre 2008.

Le 27 février 2009, Mme Roy devient chef la chef intérimaire de l'ADQ à la suite du départ de Mario Dumont, conséquence de la débâcle de l'ADQ aux élections générales de décembre 2008. Elle occupera la fonction de chef intérimaire jusqu'à octobre 2009.

Avec le redécoupage électoral de 2012, le territoire de la circonscription de Lotbinière devient celui d'Arthabaska. Mme Roy se présente alors aux élections sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ), avec d'autres « rescapés » de l'ADQ.

Elle quitte la CAQ en août 2015 pour siéger comme députée indépendante, disant que François Legault ne lui faisait pas confiance et ne lui donnait pas de défi à sa mesure.

Une députée qui a défendu l'intégrité

Mme Roy, 51 ans, avait été la première à demander la tenue d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction, a rappelé son ancien chef François Legault.

En 2009, alors qu'elle était chef intérimaire de l'Action démocratique du Québec (ADQ) et députée de Lotbinière, Mme Roy avait demandé au premier ministre de l'époque, Jean Charest, d'ordonner la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

Sylvie Roy avait provoqué des remous à l'Assemblée nationale en avançant que trois ministres libéraux avaient séjourné sur le bateau de l'entrepreneur Tony Accurso. Selon des allégations formulées à ce moment-là par l'ex-candidat municipal Benoît Labonté, il s'agissait des députés Julie Boulet, Norman MacMillan et David Whissell.

« Est-ce que le ministre de la Sécurité publique, dans ses vérifications, a appris que le premier ministre sait qu'il y a trois ministres qui ont été sur le bateau d'Accurso? », avait alors demandé Mme Roy, au cours d'une séance parlementaire.

L'ensemble du caucus libéral, dont le premier ministre Charest, avait nié toute rencontre de ce type avec M. Accurso. Jean Charest avait même été jusqu'à affirmer qu'il ne connaissait pas l'identité des ministres soupçonnés d'avoir séjourné sur le bateau de l'entrepreneur.

Dans un geste exceptionnel, le gouvernement libéral avait ensuite demandé que soit déposée une motion de blâme contre Sylvie Roy, pour ses allégations visant trois ministres libéraux. Sylvie Roy considérait qu'il s'agissait-là d'une tentative d'intimidation à son égard et avait réitéré la nécessité de lancer une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

Tout au long de sa carrière politique, Sylvie Roy a voulu se faire le « porte-voix » des personnes vulnérables, selon son ex-collègue Mario Dumont. Elle a notamment piloté des dossiers associés à la sécurité publique et aux victimes d'actes criminels. Plusieurs députés de l'Assemblée nationale ont souligné sa combativité et sa détermination dans les dossiers qu'elle a portés.

Plus d'articles

Commentaires